Sexe et amour : je suis adulte... ou pas ?

Be - - SOMMAIRE -

Pour les neu­ros­cien­ti­fiques, l’âge adulte ne se­rait at­teint qu’à 30 ans*. Quand le cor­tex pré­fron­tal, cor­res­pon­dant à la zone de prise de res­pon­sa­bi­li­té et de ca­pa­ci­té à maî­tri­ser ses im­pul­sions, ar­ri­ve­rait à ma­tu­ri­té. Vous voi­là pré­ve­nue. Pour la psy­cha­na­lyse et se­lon Jung, c’est “l’in­di­vi­dua­tion” – la conscience qu’on est dis­tinct des autres – qui in­tro­nise. Jo­han­na, con­sul­tante en ré­fé­ren­ce­ment de 32 ans, fait plus simple : “J’ai connu An­toine à 25 ans. Notre couple a sui­vi sans bo­bo les dif­fé­rentes étapes de construc­tion : l’ins­tal­la­tion, l’achat d’un lo­ge­ment, un pre­mier bébé, bien­tôt un se­cond. Au­tour de moi, au bou­lot, mes col­lègues ont le même âge que moi. Et pour­tant il y a un gouffre : les filles en par­ti­cu­lier parlent des mecs comme des ga­mines. À dé­brie­fer de leurs « tar­gets » post-week-end, à ri­ca­ner, glo­ser sur tex­to ou une photo de mec sur Fa­ce­book... Je sens bien que la sta­bi­li­té de mon couple ou ma vie de mère les dé­passent. À me­sure que je les vois épar­pillées, pau­mées sen­ti­men­ta­le­ment, je me sens so­lide, bien cam­pée et vrai­ment plus adulte qu’elles.” Toutes les femmes as­pirent à l’amour. Il n’y a rien de mieux pour se “re­nar­cis­si­ser”, comme disent les psys. Le phi­lo­sophe Mar­tin Bu­ber pré­cise : “Une per­sonne dé­sire être confir­mée dans son être par une autre.” OK. Mais as­pire-t-on à de­ve­nir adulte ? Moins sûr. Dé­jà, il y a la gé­né­ra­tion de nos pa­rents, sou­vent un re­pous­soir. Ces per­sonnes qui parlent im­pôts ou bac de douche à chan­ger, ces adultes qui semblent ne ja­mais avoir été des en­fants,

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.