To be or not to be ? Belles bi­zarres

Be - - SOMMAIRE - — FA­BIEN CONSTANT

CE MOIS-CI, FA­BIEN CONSTANT SCRUTE CES PHY­SIQUES “DIF­FÉ­RENTS”

QUI EN­VA­HISSENT LES PO­DIUMS. FREA­KY ? IN­TÉ­RES­SANTS…

BBon, al­lu­mez la ra­dio, met­tez RFM, atat­ten­dez trois mi­nutes (max), lais­sez ppas­ser la pub et, là, vous com­men­cez à en­tendre “Belle”, la chan­son de “Notre Dame de Pa­ris”. Si. C’est obli­gé. CC’est sta­tis­tique. Au mo­ment où Ga­rou een­tonne le cou­plet – de sa voix de ccha­ton sé­vè­re­ment mon­té – , chan­tez avec lui en rem­pla­çant le mot “Belle” ppar “Pas pa­reille/ C’est un mot qu’on di­rait in­ven­té pour elle…” Faut le dire un peu vite, mais ça marche. Vous ai­mez tou­jours la mau­vaise va­rié­té, mais au moins cette fois, vous êtes 2013 à mort. Parce que de­puis quelques sai­sons, les filles, elles ne sont plus belles, elles sont “pas pa­reilles”. Les “belles bi­zarres”, on les ap­pelle. Pu­di­que­ment. Et que ce­lui qui vient de dire “Oui, les moches, quoi !!”, là-bas, au fond, re­tourne à l’état de cra­paud il­li­co pres­to. Parce que non, on ne parle pas de la mo­che­té. On parle du fait de sor­tir en­fin de dé­cen­nies du mi­nois blond, russe et cra­quant qui avait en­va­hi les dé­fi­lés. Fi­ni les pom­mettes hautes. C’est dé­sor­mais la vic­toire du grand front. Le règne des oreilles dé­col­lées. La re­vanche de celles qui s’en sont pris plein les dents à l’école et qui en gardent une trace pro­émi­nente, au propre et au fi­gu­ré. Oui, sur le pa­pier, la top Es­tel­la Brons a le men­ton trop ren­tré, les oreilles dum­boï­sées. Oui, Iri­na Kravchenko a l’oeil dur et la mâ­choire car­rée, et res­semble au Ron Ho­ward de “Hap­py Days”. Oui, Joan­na Ta­tar­ka nous fait moins pen­ser à Va­nes­sa Pa­ra­dis qu’à Ben­ja­min Bio­lay. Il y a peu de temps en­core, on au­rait dit tant pis. Au­jourd’hui, on dit tant mieux. De­puis quelques mois, la nou­velle sen­sa­tion des po­diums s’ap­pelle Li­ly McMe­na­my, le genre de fillette de­vant la­quelle les voi­sines, en la dé­cou­vrant, fai­saient des blancs de douze se­condes avant de la trou­ver... in­té­res­sante. Alors sa­vou­rons la joie sur les vi­sages de celles qui font un doigt à tous les cré­tins du fond de la classe de 4e B qui leur en ont fait ba­ver. Les bran­chées au­jourd’hui, ce sont elles. La preuve, même les “of­fi­ciel­le­ment belles”, la mé­ga top Ca­ra De­le­vingne en tête, ont pour ac­ti­vi­té pré­fé­rée sur Ins­ta­gram de s’en­lai­dir. Ça s’ap­pelle le ugly sel­fie, com­pre­nez le “Oui, j’ai une tronche pas pos­sible sur ma tof, et alors ?” Et alors, ren­voyez Ga­rou au Qué­bec, Pa­trick Fio­ri dans le ma­quis. Étei­gnez RFM et soyez pas pa­reille. Une ac­ti­vi­té à temps com­plet. Je vous laisse, je vous sens dé­bor­dée.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.