Gé­né­ra­tion free job

FACE À UN VI­VIER DE CAN­DI­DATS PRÊTS À TOUT POUR ÉTOF­FER LEUR CV, DES EN­TRE­PRISES PRO­POSENT DES MIS­SIONS TRÈS PEU (VOIRE NON) RÉ­MU­NÉ­RÉES. DÉ­CRYP­TAGE D’UNE TEN­DANCE À L’EM­PLOYÉ LOW COST.

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As­so­cia­tion cherche gra­phiste pour re­joindre son pôle com­mu­ni­ca­tion. Mis­sion : par­ti­ci­per à la re­fonte du site. La ré­com­pense se­ra le réseau et l’ex­pé­rience ain­si ga­gnés. Par ailleurs, le gra­phiste pour­ra de­ve­nir membre de l’as­so­cia­tion, et donc suivre le dé­ve­lop­pe­ment des films, ou en­core vo­ter pour les scé­na­rios sé­lec­tion­nés.” Une an­nonce par­mi tant d’autres qui ta­pissent iro­ni­que­ment les pages du Tum­blr Ça te fe­ra de la pub*. Le blog per­met aux in­ter­nautes de pos­ter ano­ny­me­ment les offres d’em­ploi abu­sives qui s’af­fichent sans ver­gogne sur la Toile. Si le bé­né­vo­lat jus­ti­fié et en­ca­dré ne pose au­cun pro­blème, cer­taines en­tre­prises pro­fitent d’une com­mu­nau­té crois­sante de jeunes can­di­dats en quête d’une ex­pé­rience va­lo­ri­sante pour pro­po­ser des mis­sions ou des jobs pas ou peu ré­mu­né­rés. Leurs ar­gu­ments sont bien fi­ce­lés : don­ner aux jeunes ta­lents la pos­si­bi­li­té de s’ex­pri­mer, de pro­fi­ter d’une ex­pé­rience (hu­mai­ne­ment) en­ri­chis­sante, de se faire de la pub en somme. Car là est le deal : ga­gner – un peu ou beau­coup – en vi­si­bi­li­té mais ab­so­lu­ment rien en termes fi­nan­ciers. Ces “free jobs” se cachent der­rière des termes flous (as­so­cia­tion, ap­pel d’offres, concours, pé­riode d’es­sai, mis­sion…) fa­ci­le­ment rat­ta­chés à du bé­né­vo­lat. Mais, der­rière de pseu­do bonnes in­ten­tions se niche une gra­tui­té abu­sive qui touche par­ti­cu­liè­re­ment la gé­né­ra­tion Y. Celle prête à tout pour ajou­ter une ligne à son CV dé­jà en­gor­gé par des stages longue du­rée. Pour Mau­rice Thé­ve­net, pro­fes­seur au Cnam et à l’Es­sec, c’est l’ef­fet de mar­ché (et de crise, en l’oc­cur­rence) qui rend la recherche du tra­vail très dé­fa­vo­rable pour les jeunes can­di­dats. De quoi les condam­ner à une vi­sion biai­sée des re­la­tions pro­fes­sion­nelles où la no­tion “tout tra­vail mé­rite sa­laire” s’ame­nuise au pro­fit de “toute ex­pé­rience est bonne à prendre”. Les vi­sages des free jobs sont mul­tiples. Cer­taines boîtes n’hé­sitent

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