Sur tous les fronts

L’IM­PRI­MÉ CA­MOU­FLAGE RE­PART À L’AS­SAUT DES PO­DIUMS ET DE LA RUE.

Be - - SOMMAIRE - — MOR­GANE PAU­LIS­SEN

Ca­mou­flez-vous. Non pas pour de­ve­nir in­vi­sible, mais pour vous faire re­mar­quer. Le my­thique mo­tif mi­li­taire monte en grade chez les créa­teurs. Alors que la ver­sion ori­gi­nale de l’ar­mée, créée en 1914, avait pour ob­jec­tif d’imi­ter les cou­leurs de la na­ture, la pa­lette d’ocre et de ka­ki est dé­tour­née pour se fondre dans le pay­sage ur­bain. De dé­gra­dés opu­lents en broderies de sequins, le camo re­prend du ser­vice pour au moins une an­née. On l’a vu sur les po­diums de l’hi­ver, mais aus­si sur ceux de l’été 2014 en ver­sion aci­du­lée, paille­tée ou ta­chiste sur le dos de war­riors du style per­chées sur des ta­lons ver­ti­gi­neux, plu­tôt que chaus­sées de ran­gers. Mais at­ten­tion, ces in­ter­pré­ta­tions dé­coulent d’es­prits poé­tiques. JeanC­harles de Cas­tel­ba­jac qui, de­puis plus de trente-cinq ans, re­vi­site ce mo­tif ca­mou­flage, dit de lui qu’il est “hors ten­dance, pos­sède sa vie, son his­toire et crée le lien le plus fa­cile vers les arts contem­po­rain et abs­trait. Cette sai­son, je l’ai ima­gi­né tout en or afin de cris­tal­li­ser une nou­velle élé­gance. C’est mon im­pri­mé fa­vo­ri parce que son im­ma­té­ria­li­té per­met de le dé­tour­ner de sa fonc­tion ini­tiale, de l’ir­ra­dier de cou­leurs. À 18 ans, je l’avais uti­li­sé pour re­cou­vrir les ber­gères Louis XVI de mes pa­rents ! Il est im­pré­vi­sible : ses formes, ses ar­ron­dis créent une autre er­go­no­mie à l’in­té­rieur du vê­te­ment”. Une so­lu­tion pour com­battre (pa­ci­fi­que­ment) la mo­ro­si­té et l’uni­for­mi­té de nos so­cié­tés. Et de nos pla­cards !

CAR­VEN

CÉ­LINE

MI­CHAEL KORS

J.-C. DE CAS­TEL­BA­JAC

ACNE

MAR­NI

ZA­DIG & VOL­TAIRE

CH­RIS­TO­PHER KANE

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