POUR­QUOI CÉ­DER À LA TEN­TA­TION ?

Be - - TOUT DE SUITE - — AMANDINE GROSSE

PAR VICE ? NON, PAR MANQUE

dé­pous­sière le “Notre Père” en mo­di­fiant le “Et ne nous sou­mets pas à la ten­ta­tion” – ju­gé per­vers – en “Et ne nous laisse pas en­trer en ten­ta­tion”, des cher­cheurs en neu­ro­psy­cho­lo­gie se sont pen­chés sur les rai­sons qui nous poussent à cé­der ou non à cette fi­chue ten­ta­tion. Ob­jec­tif : com­prendre ce qui nous mo­tive à choi­sir entre une ré­com­pense mo­deste mais ins­tan­ta­née et un gain plus im­por­tant mais plus loin­tain. Bref, un cos­mo tout de suite ou une bou­teille de champ’ dans une semaine ? Un di­lemme qui re­pose sur notre ca­pa­ci­té à user de notre ima­gi­naire pour si­mu­ler des si­tua­tions fu­tures (cham­pagne/bulles/coupes à go­go/mmm... vous y êtes ?). “Nous per­ce­vons les ré­com­penses im­mé­diates par nos sens, alors que les ré­com­penses fu­tures ne sont re­pré­sen­tées que dans notre ima­gi­naire. C’est l’exemple du gâ­teau au cho­co­lat que je vois, là, sur la table, ver­sus ma sil­houette en maillot cet été que je ne peux qu’ima­gi­ner”, ex­plique Ma­thias Pes­si­glione, char­gé de recherche à l’In­serm et res­pon­sable de l’étude. De quoi don­ner du fil à re­tordre à notre hip­po­campe qui doit “ima­gi­ner les si­tua­tions fu­tures avec une ri­chesse de dé­tails qui les rende at­trayantes”, pour­suit-il. Plus notre hip­po­campe est cos­taud, plus les gra­ti­fi­ca­tions fu­tures pa­raissent at­ti­rantes, et moins nous cé­dons à la ten­ta­tion. Alors quand il s’agi­ra de savoir si vous cra­quez main­te­nant pour ce sac hors de prix ou si vous at­ten­dez les soldes, con­cen­trez­vous pour vi­sua­li­ser les 50 % de ré­duc­tion qui vous per­met­tront de vous of­frir (en plus) ces cuis­sardes ca­non. Ten­tant, non ?

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.