LE KITSCH : UN CONTRE­POI­SON AU BON GOÛT

Be - - XOXOX E - — AN­TOINE BESSE

Reine du clas­sique chic – voire bo­ring –, So­fia Cop­po­la s’est un peu vio­len­tée pour réa­li­ser “Bling Ring”, dé­luge paille­té sur le fil du dou­teux. Elle as­sume : “Faire ce film, c’était pour moi plon­ger dans une pis­cine de mau­vais goût. Je n’en peux plus d’être as­so­ciée au­to­ma­ti­que­ment au bon goût”, dé­cla­rait-elle il y a quelques mois dans “Ob­ses­sion”. Même si on peut trou­ver sa pos­ture ter­ri­ble­ment snob, l’Amé­ri­caine de Pa­ris a dû se sou­ve­nir de quelques le­çons cap­tées du temps de son stage chez Cha­nel au cô­té de Karl La­ger­feld, lui-même chantre du mé­lange des genres, entre couture et pop culture, au fil de ses col­la­bo­ra­tions aléa­toires avec Co­ca-Co­la ou Za­hia. “Les époques ont le mau­vais goût qu’elles mé­ritent”, ap­puie-t-il dans son opus “Le monde se­lon Karl” (éd. Flam­ma­rion). “Les gens ont droit au mau­vais goût... si c’est le leur, l’es­sen­tiel est qu’ils soient heu­reux avec”, nous pré­cise Karl. “Le kitsch est le ver­sant « bonne-hu­meur » d’un goût ju­gé ha­sar­deux par une ma­jo­ri­té dont j’ignore la com­po­si­tion. C’est sur­tout un contre­poi­son au bon goût qui peut être sté­rile, conser­va­teur, ba­nal, donc vite en­nuyeux. Dans le pas­sé, on par­lait d’ar­bitres du bon goût, au­jourd’hui on laisse ça au foot. Je re­tiens ce pro­verbe al­le­mand : « Er­laubt ist was gefällt ». Ça si­gni­fie : « Ce qui plaît est per­mis ». C’est ça la li­ber­té du goût, bon ou mau­vais.” Bref, à bas la pres­sion. Faites-vous plai­sir : ça donne du style.

LA MA­NU­CURE CRUELLA Les fa­meux ongles rouges si chers à Dia­na Vree­land, re­pris chez Cé­line, un coup de griffe au bon goût 2013 ?

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