Des­sine-moi la Shoah

Be - - SOMMAIRE - — GAËL L E BELLEGO

ARESCAPÉE DES CAMPS, HEL­GA WEISSOVÁ PU­BLIE SON JOUR­NAL ET SES ILLUS­TRA­TIONS

DE PE­TITE FILLE DU­RANT L’HO­LO­CAUSTE. UN DO­CU­MENT MI­RA­CU­LEUX.

ujourd’hui, je dor­mi­rai en­core dans mon lit, mais de­main ?” Hel­ga, 8 ans, vit à Prague avec sa fa­mille juive, dans la peur, chaque jour, d’être dé­por­tée. Nous sommes en 1938, l’ogre na­zi vient d’ava­ler la Tché­co­slo­va­quie. La fillette, qui fait preuve d’une ma­tu­ri­té ex­cep­tion­nelle, dé­cide de tout consi­gner dans un jour­nal in­time. Des textes naïfs mais poi­gnants, dé­cri­vant des faits et des émo­tions à sa hau­teur d’ed’en­fant. Mieux, HeHel­ga se met à es­qes­quis­ser une sé­rie de dessins d’un tr­trait si sûr qu’on po­pour­rait y voir l’oeuvre dd’un adulte (elle de­vien­dra ppro­fes­seur des beaux-arts après la guerre). On dé­couvre, page après page, sa des­cente aux en­fers. Les raids aé­riens au-des­sus de Prague, les abris, les si­rènes, les dé­crets an­ti­juifs, les étoiles jaunes. Puis la dé­por­ta­tion, “par four­nées”, les co­pains d’école qui dis­pa­raissent. Le 4 dé­cembre 1941, la son­nette de leur mai­son re­ten­tit, di­rec­tion le camp tchèque de Te­re­zin. Ils y res­te­ront trois ans, dans des condi­tions in­hu­maines, en­tas­sés, à dor­mir par­fois à même le sol. Hel­ga ra­conte, des­sine. Le ty­phus, les ra­vages de l’en­cé­pha­lite, son père qui dis­pa­raît et qu’elle ne re­ver­ra plus. Puis, il y au­ra Au­sch­witz, la tête ton­due, le tra­vail d’es­clave, puis Mau­thau­sen et les marches for­cées. Le 21 mai 1945, sa mère et elle, dans une robe propre “cou­sue dans un drap SS”, re­viennent sauves à Prague. “En­fin chez moi !”, conclut ce jour­nal si pré­cieux.

“Le Jour­nal d’Hel­ga”, d’Hel­ga Weissová (éd. Bel­fond).

Des­sin réa­li­sé

dans le camp de Te­re­zin

en 1942.

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