Pop art

Be - - SOMMAIRE - — VIOLAINE SCHÜTZ

ihan­na po­sant pour une sé­rie photo di­ri­gée par l’ar­tiste Da­mien Hirst pour le “GQ” US de dé­cembre, éton­nant ? Pas vrai­ment, car la pop mu­sique lorgne de plus en plus du cô­té de l’art. Jay-Z a rap­pé son titre “Pi­cas­so Ba­by” du­rant six heures au MoMA, à New York en août, avec en guest, l’ar­tiste Marina Abra­mo­vic, grand­mère de la per­for­mance. Cette der­nière est aus­si l’une des hé­roïnes de La­dy Ga­ga, qui a sui­vi, en sep­tembre, “la mé­thode Abra­mo­vic” des­ti­née aux ap­pren­tis ar­tistes pour en faire une vi­déo ex­pé­ri­men­tale dans la­quelle elle ap­pa­raît nue dans les bois. Son nou­vel al­bum s’in­ti­tule d’ailleurs “Art Pop” et sa po­chette a été shoo­tée par Jeff Koons (photo ci-des­sus). Pour Au­ré­lie Ro­ma­nacce, jour­na­liste chez “Arts Ma­ga­zine” : “La pop se nour­rit de l’art parce que le pop art est pas­sé par là. En fai­sant en­trer le star-sys­tème dans ses ta­bleaux (avec la re­pro­duc­tion des

RL’ART CONTEM­PO­RAIN VA-T-IL SAU­VER LA POP ? C’EST CE QUE SEMBLENT CROIRE DE PLUS EN PLUS

DE STARS QUI TENTENT DE S’ACHE­TER UNE CRÉ­DI­BI­LI­TÉ AR­TY POUR ÉPA­TER LA GA­LE­RIE.

por­traits de Marilyn et d’El­vis, via la sé­ri­gra­phie), Wa­rhol a fait vo­ler en éclats les fron­tières entre l’art éli­tiste (des mu­sées) et la culture mains­tream. Dans un juste re­tour des choses, la pop pioche au­jourd’hui dans l’art contem­po­rain qui connaît de­puis dix ans un en­goue­ment sans pré­cé­dent.”

ART ET POP, MÊME COM­BAT

“Les oeuvres, ul­tra mé­dia­ti­sées, pour­suit-elle, at­teignent des sommes as­tro­no­miques comme « For the Love of God », le crâne en dia­mants de Da­mien Hirst, ven­du 61 mil­lions d’eu­ros en 2007 ou « Bal­lon Dog » de Jeff Koons, 58 mil­lions de dol­lars (la sculp­ture d’art contem­po­rain d’un ar­tiste vi­vant la plus chère au monde). J’ai l’im­pres­sion que les pop stars se tournent vers les ar­tistes comme s’ils s’adres­saient à des al­chi­mistes ca­pables de leur ap­por­ter en­core plus de suc­cès ain­si qu’une au­ra mys­tique.” Si la pop mu­sique parle à tout le monde, l’art contem­po­rain, lui, reste abs­trait, concep­tuel, et dif­fi­cile d’ac­cès. Pour­tant, les deux ont plus de points com­muns qu’il n’y pa­raît. Au­ré­lie Ro­ma­nacce ex­plique : “Ça en dit long sur notre époque ob­sé­dée par les re­cords (d’ar­gent) et les ex­ploits en tout genre. Là où se re­joignent La­dy Ga­ga ou Jay-Z, et des ar­tistes comme Da­mien Hirst ou Jeff Koons, c’est dans leur rap­port au star-sys­tème, à l’ar­gent, au scan­dale. Il faut savoir que Jeff Koons avant de pho­to­gra­phier La­dy Ga­ga nue, avait cho­qué le pu­blic en se met­tant en scène avec son ex-femme, la Cic­cio­li­na, dans des po­si­tions por­nos. De même, Marina Abra­mo­vic est de­ve­nue qua­si­ment une pop star de­puis sa per­for­mance au MoMa en 2010, où des gens fai­saient la queue de­puis 6 heures du ma­tin pour s’as­seoir cinq mi­nutes en face d’elle !” Par­mi ceux-là, Björk, James Fran­co, Pat­ti Smith… Qui se res­semble, s’as­semble.

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