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Be - - LA UNE - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR AU­RÉ­LIE LAMBILLON STY­LISME MA­RION GUIOT PHO­TOS TO­NY KIM/DE FAC­TO

IL Y A UN AN, LI WEI, NOTRE CO­VER GIRL, N’AVAIT JA­MAIS QUIT­TÉ LA CHINE. AU­JOURD’HUI, ELLE VIT À NEW YORK, ET SON 1,80 MÈTRE GRA­CILE AF­FOLE LA PLA­NÈTE MODE. REN­CONTRE AVEC UNE FU­TURE GRANDE QUI VIENT DE FÊ­TER SES 22 PRIN­TEMPS.

Com­ment êtes-vous de­ve­nue man­ne­quin ? Je me suis ins­crite à un concours en Chine, le NSR Mo­del Look Com­pe­ti­tion. Je n’avais au­cune ex­pé­rience, je ne sa­vais ni po­ser ni mar­cher. C’est donc la pre­mière for­ma­tion que j’ai re­çue. J’ai eu beau­coup de chance, j’ai ga­gné la fi­nale na­tio­nale, et j’ai été re­pé­rée par l’agence Fu­sion Mo­dels, à New York, qui m’a si­gnée. Com­ment vos pa­rents ont-ils ré­agi ? Vous ont-ils en­cou­ra­gée ? Pas au dé­but. Ils viennent d’une pe­tite ville près de Hong­kong et ne connaissent rien au monde de la mode. Ils avaient donc un a prio­ri énorme. Pour eux, les man­ne­quins pas­saient leurs nuits en boîte à s’amu­ser et à boire. Bref, pas des filles sé­rieuses. Ils ont chan­gé d’avis quand ils ont vu mes ho­raires. Si je rentre tard, c’est parce qu’un shoo­ting a du­ré plus long­temps que pré­vu. Et je vais di­rect me cou­cher pour me le­ver tôt et re­com­men­cer le len­de­main ma­tin. C’est le rêve de beau­coup de jeunes Chi­noises, la vie de top ? C’est le rêve de beau­coup de jeunes filles en gé­né­ral, pas seule­ment les Chi­noises, même s’il est vrai que les écoles de man­ne­qui­nat poussent comme des cham­pi­gnons dans mon pays. Com­ment s’est pas­sée votre ar­ri­vée à New York ? Je n’avais ja­mais quit­té la Chine. Je me suis re­trou­vée dans cette grande ville que je ne connais­sais pas, en plein hi­ver gla­cial, par­lant à peine trois mots d’an­glais. Je cou­rais de cas­ting en cas­ting, en es­sayant de po­si­ti­ver. Jus­qu’au jour du Nou­vel An chi­nois. C’était la pre­mière fois que je le pas­sais seule et loin de ma fa­mille. Je me suis mise à pleu­rer en pleine rue.

Vous êtes-vous bien adap­tée à cette nou­velle vie ? Ça n’a pas été simple, prin­ci­pa­le­ment à cause de la bar­rière de la langue. Mon an­glais n’est tou­jours pas brillant, au grand déses­poir de mon agent qui me pousse à pro­gres­ser. Pour ma car­rière et pour me sim­pli­fier la vie. Mais je suis d’un na­tu­rel op­ti­miste. J’aime les dé­fis, et je me dis que toute ex­pé­rience est bonne à prendre. Après tout, je vis à New York, la ville de tous les pos­sibles. Les filles plus ex­pé­ri­men­tées vous ont-elles ai­dée à com­prendre les fi­celles du mé­tier ? Oui, heu­reu­se­ment. J’ai beau­coup ap­pris grâce à elles. Je leur en suis d’ailleurs très re­con­nais­sante. Quelles sont les tops qui vous ins­pirent ? Liu Wen [lire notre ar­ticle “Beau­tés chi­noises”, p. 62, ndlr] et Co­co Ro­cha [la top ca­na­dienne est, entre autres, l’image des cam­pagnes Long­champ et la porte-pa­role de Mo­del Al­liance, un or­ga­nisme de dé­fense des droits des man­ne­quins] sont mes mo­dèles. Je ne sais pas si j’at­tein­drai les mêmes som­mets, mais je le sou­haite vrai­ment. Je fais tout pour.

Et les­quelles sont vos amies ? Elles sont sur­tout chi­noises, comme Tian Yi [une autre man­ne­quin qui monte], tou­jours à cause de mon an­glais trop ba­sique pour créer des liens so­lides avec des filles d’autres pays. Mais j’y tra­vaille.

Quel dé­fi­lé ai­me­riez-vous ou­vrir ? Je se­rais dé­jà contente de mar­cher pour les créa­teurs les plus co­ol ! Ça ne compte pas trop pour moi, ce pres­tige d’ou­vrir un dé­fi­lé. C’est toute l’at­mo­sphère d’un show qui me plaît, les choix du créa­teur, quelle fille por­te­ra quelle te­nue... Et j’aime l’idée de tout faire pour mettre en va­leur le look qu’il me confie. Êtes-vous consi­dé­rée comme une belle fille en Chine ? Tian vous di­rait que oui, on me trouve “trop belle” en Chine. En réa­li­té, quand j’y vi­vais, j’étais sur­tout trop grande. Dans ma ré­gion, les gens sont as­sez pe­tits et, à l’école, j’étais l’ex­cep­tion. J’avais l’im­pres­sion d’être un monstre. Je me sens en­fin à ma place au­jourd’hui, au mi­lieu de filles que je ne dé­passe pas de deux têtes.

Votre pays vous manque-t-il ? Ce sont mes pa­rents qui me manquent énor­mé­ment car ils vieillissent, et je re­doute le jour où ils ne se­ront plus là. J’es­saie de les voir le plus sou­vent pos­sible, mais avec mon agen­da, c’est com­pli­qué. Ce que vous em­por­tez tou­jours avec vous quand vous quit­tez la Chine ?

Deux, trois livres en chi­nois.

Où vous voyez-vous dans dix ans ? J’es­père me voir en énorme sur des af­fiches dans la rue ! Plus sé­rieu­se­ment, j’es­saie de ne pas trop pen­ser au fu­tur, je me concentre sur le mo­ment pré­sent. J’aime tel­le­ment mon mé­tier, je pro­fite au maxi­mum des op­por­tu­ni­tés qu’il m’offre. Pour le reste, je me lais­se­rai por­ter par le cou­rant. — PRO­POS RE­CUEILLIS PAR AU­RÉ­LI E LAMBILLON

Li Wei 1,80 m de grâce

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