Êtes-vous en couple sans le savoir ?

LA QUES­TION, LOIN D’ÊTRE COM­PLÈ­TE­MENT VAINE (JE VOUS AI EN­TEN­DUE), POUR­RAIT BIEN VOUS FAIRE CHAN­GER DE VIE. OU, AU MOINS, DE STA­TUT FA­CE­BOOK.

Be - - SOMMAIRE - FIO­NA SCH­MIDT

En gé­né­ral,

il n’est pas né­ces­saire d’avoir l’es­prit équi­pé 4G pour dé­ter­mi­ner si l’être hu­main au bout de notre pu­bis/main/lit/ sa­lon/Skype est ou non notre con­joint, ou un ré­pa­ra­teur de NeufBox à usage unique. Soit vous avez avec ce tiers des rap­ports no­tam­ment sexuels, ré­gu­liers, et la plu­part du temps sa­tis­fai­sants, au su de plus d’un quart des membres de votre en­tou­rage, et vous pou­vez sans fan­fa­ron­nade ex­ces­sive vous consi­dé­rer “en couple” – cet ar­ticle ne vous concerne donc que très peu, mais mer­ci d’être pas­sée. Soit vous en­tre­te­nez des rap­ports plus ou moins am­bi­gus, plus ou moins sen­suels et plus ou moins en­ri­chis­sants avec un congé­nère, et vous êtes en nouple (“no couple”). Com­ment savoir si c’est votre cas ? C’est tout simple, il suf­fit de croi­ser votre bi­nôme ré­gu­lier avec ces pro­fils éta­blis par l’Insee (Lo­han, la vanne fonc­tionne mieux à l’oral qu’à l’écrit, c’est l’hi­ver, on fait ce qu’on peut).

LE COLOCUL

Il ne s’agit pas d’un pré­ten­dant un peu trop em­pres­sé, mais bien de la per­sonne avec la­quelle vous par­ta­gez le loyer. Le co­lo­ca­taire du cul est tout sim­ple­ment la ver­sion à do­mi­cile du fuck bud­dy, cet ami avec le­quel on cou­chait par mal­en­ten­du ou désoeu­vre­ment, au­tre­fois, en 2012. Au­jourd’hui, vous n’êtes plus obli­gée d’êtres amis pour faire cu­cul, il suf­fit d’avoir vos deux noms sur la boîte aux lettres : gain de temps + op­ti­mi­sa­tion des loisirs = pro­grès so­cial.

LA BFF

Qui, dans ce contexte, ne si­gni­fie pas “Best Friend Fo­re­ver”, mais “Bien peu Fa­rouche Fan­ny”, le P du peu étant tom­bé au tour­nant du Moyen Âge pour for­mer un acro­nyme ac­tuel. Si la BFF ne s’ap­pelle pas né­ces­sai­re­ment Fan­ny, elle est tou­jours dis­po­sée à vous tri­po­ter, vous em­bras­ser dans le cou ou sur la bouche, ad­mi­rer votre dé­col­le­té avec les mains ou se ba­la­der à poil de­vant vous. La BFF n’est pas les­bienne, non, mais c’est pas sa faute si la pelle est la nou­velle poi­gnée de main.

LE BROMANTIQUE

Il vous prend dans ses bras pour re­gar­der les co­mé­dies ro­man­tiques que vous êtes les seuls à aimer dans votre bande, vous ap­plique votre ver­nis sur la main droite sans dé­pas­ser sur les coudes, et vous confie qu’il rêve de ren­con­trer une fille comme vous dans la­quelle il pour­rait mettre son zi­zi – car avec vous, pas ques­tion, ce se­rait in­ces­tueux, vous-même le con­si­dé­rez comme votre frère (“bro­ther”, en an­glais, pour celles dont le cer­veau est à la four­rière de­puis Noël).

LE STAND

Les Amé­ri­cains dé­si­gnent ain­si le mon­sieur qui ne trans­forme pas la pé­riode d’es­sai amou­reuse d’un mois, pé­riode de ré­fé­rence après la­quelle on se sent prêt (ou pas) à être “en relation” (aux États-Unis, on n’est plus “en couple”, trop Ro­nald et Nan­cy Rea­gan, mais “en relation”, beau­coup plus Ba­rack et Mi­chelle Oba­ma). Les langues de Za­hia mur­murent que le terme au­rait été in­ven­té pour Tay­lor Swift, en couple toute l’an­née, mais avec un mec différent tous les vingt-huit jours.

LE FIANÇAY

C’est le né­ga­tif du bromantique : le fiançay est 100 % gay, 110 % as­su­mé, mais vous cou­chez néan­moins en­semble, un peu parce que vous êtes tou­jours en­semble (et l’on a vite fait de dé­ra­per, avec ce ver­glas), beau­coup parce que tout le monde vous dit que vous iriez bien en­semble, et sur­tout parce que vous êtes comme des frères et soeurs, et qu’en plus, il aime les hommes. Donc, ce n’est pas vrai­ment du sexe, et de toute fa­çon, c’est quand même pas votre faute si la le­vrette est la nou­velle tape dans le dos.

LE HUSBORING

Avec lui, vous êtes en couple, mais vous ne de­vriez plus. Contrac­tion de hus­band” (“ma­ri”, en VF) et “bo­ring”, le husboring est l’équi­valent de l’ani­mal do­mes­tique à es­pé­rance de vie plus longue que pré­vu, mais avec un nez sec, et des vê­te­ments. C’est un jour où vous tré­bu­chez par mé­garde sur ses ra­cines, par­don, ses pieds, que vous vous sou­ve­nez de son exis­tence, un peu comme un abat-jour dé­fraî­chi re­lé­gué au gre­nier qui, vu sous un autre angle, fe­rait une jo­lie cor­beille à pa­pier.

LE MEX

Contrac­tion de “mec” et d’“ex”, le mex est de­ve­nu un ba­sique de la relation amou­reuse, la pe­tite robe noire de la conju­ga­li­té. C’est le ni­veau 1 du nouple, et je di­rais même, le CP de la hype : vous êtes sé­pa­rés, certes, mais ça ne se voit pas à l’oeil nu. Il reste en­core un peu de votre relation, et en cas de di­sette, vous n’avez au­cun scru­pule à ré­chauf­fer les restes. —

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