To be or not to be ? Le vê­te­ment cocon

EN­ROU­LÉ DANS SA ROBE DE CHAMBRE, FA­BIEN CONSTANT SE DE­MANDE S’IL FAUT VRAI­MENT SE LAIS­SER TEN­TER PAR LE CONFORT, CE MOT HON­NI DE LA MODE.

Be - - SOMMAIRE - FA BIEN CONSTANT

Pa­ris, France. Au­tomne-hi­ver de cette aan­née, là, tout de suite. Vio­lons et aac­cor­déons. Les Pa­ri­siennes, les femmes leles plus élé­gantes du monde. Celles que lle monde en­tier nous en­vie. Que les éé­tran­gères tentent de co­pier même si, ffa­go­tées d’une jupe crayon et his­sées sur des ta­lons, elles res­semblent da­van­tage à des reines de la sau­cisse qu’à An­na Mou­gla­lis (mais je t’aime quand même, Kim Kar­da­shian)Kar­da­shian). Les Pa­ri­siennes courent dans la rue, bra­vant froid et pluie, avec classe, le col du trench re­le­vé et... des run­ning shoes aux pieds ! Non, mais non, mais quoi ? Mais qu’est-ce qui se passe, les filles ? Qui a au­to­ri­sé ça ? L’hi­ver 2013 res­te­ra ce­lui où la Pa­ri­sienne est pas­sée du ta­lon de 12 à la bas­ket loose. Avant, on avait la com­fort food (ou com­ment rendre co­ol le re­non­ce­ment à toute vel­léi­té saine pour se vau­trer avec joie dans la nour­ri­ture ré­gres­sive pleine d’acides gras sa­tu­rés). Main­te­nant, on a les com­fort shoes. Et voi­là le mythe de la Pa­ri­sienne chic qui se casse la gueule en une sai­son. C’est Isabel Ma­rant qui a in­tro­duit le ver dans le fruit avec ses bas­kets à ta­lons com­pen­sés. Mais là, fi­ni le deux-en-un : c’est la vraie run­ning show, celle qui fou­tait la honte il y a en­core deux ans, qui s’ar­rache au­jourd’hui à prix de fou. Vos or­teils ont ga­gné. Et aus­si vos jambes, vos fesses… Dé­sor­mais tout votre bo­dy peut ron­ron­ner d’ai­sance. Car voi­ci que la robe de chambre sort de la chambre. Re­vi­si­tée par Marc Ja­cobs (pour Louis Vuit­ton) et Hai­der Acker­mann, elle est un ap­pel au luxe, au sexe et, oui, aus­si, au confort. Un plaid bro­dé, fa­çon “je ne suis tel­le­ment pas sor­tie de mon ca­na­pé que je me suis rou­lée de­dans”, de chez Va­len­ti­no, c’est beau. Ça jump­suit à tout va chez Her­mès (oui des jump­suits chez Her­mès, c’est comme si Je­re­my Scott fai­sait des tailleurs Bar, ça n’existe pas, sauf que ces jump­suits-là sont fins, dé­li­cats). Ça chaus­sette en ca­che­mire jus­qu’à mi-mol­let chez Dries Van No­ten. Ça over­size du man­teau par­tout, comme si le 36 était ban­ni. Les pré­col­lec­tions an­noncent un hi­ver 2014 co­ocoo­ning à en cre­ver, des manches écharpes, des ri­vières de ca­che­mire. Le confort a ga­gné. Mais ? Ce ne se­rait pas Ca­rine Roit­feld que je vois, là, dans un man­teau Max Ma­ra si grand et cocon qu’elle peut lo­ger son as­sis­tante, sa pe­tite-fille et un pe­tit man­ne­quin mi­gnon avec elle de­dans ? Elle qui ne sor­tait pas sans être ar­chi-fit­tée/ san­glée/cein­tu­rée ? Le pire, c’est que ça lui va bien ! Y a que les im­bé­ciles qui ne changent pas d’avis... Je vous laisse, je vais ré­cu­pé­rer mes chaus­settes en ca­che­mire au pres­sing (d’ailleurs la lec­ture de l’éti­quette d’en­tre­tien des­dites chaus­settes fe­ra sû­re­ment l’ob­jet d’un fu­tur billet). –

Con­for­table, on vous dit. De Louis Vuit­ton à Ca­rine Roit­feld, ils ont adop­té le man­teau dou­dou.

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