Alors, on aime ?

NOS CINQ JU­RÉS ONT LU, VU ET EN­TEN­DU POUR VOUS. ILS LIVRENT LEUR AVIS TRAN­CHÉ.

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ALEXAN­DRA LE­ROUX a vu “La Vie rê­vée de Wal­ter Mitty”, de Ben Stiller. Avec Ben Stiller et Kris­ten Wiig.

La pre­mière scène du film ? Wal­ter Mitty est as­sis et fait ses comptes. Il n’a pas l’air très heu­reux. De­vant lui, son or­di­na­teur est ouvert sur un site de ren­contre où il a re­pé­ré une fille qui s’avère être sa col­lègue de tra­vail.

Ra­con­tez-nous l’his­toire. Ben Stiller in­ter­prète Wal­ter Mitty, le res­pon­sable photo du cé­lèbre “Life Ma­ga­zine” à New York. À la suite de la dis­pa­ri­tion d’un cli­ché, il s’em­barque dans un pé­riple sur les traces d’un pho­to­graphe star joué par Sean Penn.

La scène qui vous a mar­quée ? Quand Wal­ter prend la dé­ci­sion de par­tir : cette scène lance vé­ri­ta­ble­ment le film et la quête du hé­ros. En tant qu’ex­plo­ra­trice, je connais bien ce mo­ment où l’on sait ce que l’on quitte, mais pas tou­jours ce que l’on va trou­ver.

Une bonne rai­son d’al­ler voir ce film ? Il est bien réa­li­sé, c’est lé­ger, on rit et on res­sort gon­flé à bloc. Il a le mé­rite de nous rap­pe­ler qu’il faut par­fois avoir le cou­rage de sor­tir de sa zone de confort pour prendre des risques.

Avec qui iriez-vous le voir ? Je pour­rais le re­voir avec mon con­joint, avec qui je tra­vaille.

Note at­tri­buée ?

A. C’est un jo­li mo­ment d’éva­sion. Alexan­dra Le­roux, réa­li­sa­trice et pré­sen­ta­trice . “Les nou­veaux ex­plo­ra­teurs”, le 2 mars, 15 h 10, Ca­nal +.

THIER­RY RI­CHARD a lu “Pa­ris est un rêve érotique”, de Thi­bault Mal­foy (éd. Gras­set).

La pre­mière ligne du livre ? “Le mi­roir te re­garde, épie le moindre pore de ta peau, at­ten­dra toute une vie s’il le faut pour aper­ce­voir la fê­lure par où s’en­gouf­frer.”

Ra­con­tez-nous l’his­toire. Les er­rances, entre rêve et réa­li­té, d’un homme d’au­jourd’hui, c’est-à-dire sen­sible et amou­reux, pris entre deux femmes, Zoé (son ha­bi­tude) et Cé­ci­lia (son coup de gri­sou).

La phrase qui vous a mar­qué ? “Je ne lui ga­ma­huche le con qu’avec plus de vi­gueur”.

Une bonne rai­son de le lire ?

Pour le titre, très jo­li­ment trou­vé.

À qui l’of­fri­riez-vous ? À une dan­seuse de ca­ba­ret qui se rê­ve­rait étoile de l’Opé­ra.

Note at­tri­buée ? C. Le livre de Thi­bault Mal­foy est dans l’entre-deux. Un style raf­fi­né, élé­gant, où quelques ful­gu­rances font mouche, au ser­vice d’un ré­cit sans grande consis­tance et frô­lant sou­vent l’en­nui. Ce ro­man, c’est comme un coup de foudre qui ne tien­drait pas ses pro­messes. Une jo­lie fille, dé­si­rable, mais qui n’au­rait, au fi­nal, pas grand-chose à dire. Un rêve érotique ban­dant mou. Thier­ry Ri­chard, au­teur de “Pa­ris de tous les plai­sirs” (Édi­tions du Chêne) et ré­dac­teur en chef du web ma­ga­zine li­fe­style “Les Grands Ducs” (mag.les­grand­sducs.com)

DIANE VIL­LA­NUE­VA a écou­té “Night Time, My Time”, de Sky Fer­rei­ra (Ca­pi­tol). Sor­tie le 3 fé­vrier.

Vos pre­mières im­pres­sions ? Un al­bum as­sez mé­lan­gé cô­té style : rock, pop et un soup­çon d’élec­tro. Cer­tains mor­ceaux fonc­tionnent bien, d’autres beau­coup moins.

Vos titres pré­fé­rés ? “Boys”, les mé­lo­dies et les voix sont top, le rythme de la chan­son est éner­gique, avec les breaks et le pré-re­frain. Je trouve “You’re Not the One” as­sez com­plète, la pop, le rock et les quelques syn­thés se mé­langent par­fai­te­ment, j’adore. “Night Time, My Time” a un cô­té ov­ni dans l’al­bum, et c’est ce que j’aime. Il y a un par­ti pris dans son in­ter­pré­ta­tion, li­mite björ­kesque.

Ceux que vous ai­mez le moins ? “Hea­vy Me­tal Heart” est trop cli­ché mais elle a le po­ten­tiel d’un tube. “Kris­tine” part dans tous les sens, la mé­lo­die est ré­bar­ba­tive, on s’en­nuie. Dans quelles cir­cons­tances écou­te­riez-vous ce disque ?

En soi­rée, à la mai­son, avec des co­pines.

À qui l’of­fri­riez-vous ?

À ma pe­tite soeur.

Note at­tri­buée ? B. Mal­gré cer­tains titres ef­fi­caces, le reste de l’al­bum est trop va­rié et la ligne conduc­trice a du mal à se te­nir. Diane Vil­la­nue­va, chan­teuse du groupe Squid And The Ste­reo. Sor­tie du EP “Kar­ma” (au­to­pro­duit) le 3 fé­vrier.

BAP­TISTE ET­CHE­GA­RAY a lu “Homme cherche femme et autres his­toires d’amour”, de Si­mon Rich (éd. Seuil).

La pre­mière phrase du livre ? “Je nais dans une usine.” (“je” est un pré­ser­va­tif qui s’en­nuie à mou­rir dans le por­te­feuille d’un étu­diant newyor­kais à la vie sexuelle peu ac­tive).

L’his­toire du livre sans trop en dire ? Une suc­ces­sion de say­nètes plus ou moins sur­réa­listes sur les affres de l’amour.

La phrase qui vous a mar­qué ? “Quand un homme est aux abois, il émane de lui une puan­teur in­fecte, comme un oeuf pour­ri. En re­vanche, un homme plein d’as­su­rance dif­fuse un bou­quet dé­li­cieux, un peu comme un steak grillé frot­té d’huile de truffe.” N’ayant pas le sens de l’odo­rat (je suis anos­mique), cette ré­flexion ol­fac­tive m’in­trigue. D’au­tant qu’elle émane d’ex­tra­ter­restres dé­bar­quées de la pla­nète Sexe.

Une bonne rai­son de le lire ? Pour en fi­nir avec le di­lemme “Elle” ou “Lui” aux toi­lettes.

À qui l’of­fri­riez-vous ?

À mon ex, pour en­fin tour­ner la page.

Note at­tri­buée ? B. Aus­si plai­sant et inu­tile que “L’ex­tra­or­di­naire voyage du fa­kir qui était res­té coin­cé dans une ar­moire Ikea”, de Ro­main Puer­to­las, car­ton sur­prise de la ren­trée lit­té­raire 2013. Bap­tiste Et­che­ga­ray, pro­duc­teur d’“Ouvert la nuit” sur France In­ter.

BAP­TISTE BEAU­LIEU a lu “Res­sacs”, de Da­vid James Ken­ne­dy (éd. Fleuve). En li­brai­ries le 9 jan­vier.

La pre­mière ligne du livre ?

“Le choc fut violent, in­at­ten­du.”

Ra­con­tez-nous l’his­toire. Un jeune in­terne, cho­qué par la dis­pa­ri­tion sus­pecte d’un col­lègue – à la suite du meurtre sau­vage de son pa­tient –, mène l’en­quête pour re­trou­ver son ami. Ses re­cherches vont l’ame­ner à re­muer un se­cret vieux de deux cents ans, au coeur d’une na­ture in­domp­tée et d’un océan dé­chaî­né.

La phrase qui vous a mar­qué ? “Toute l’his­toire se­rait ain­si te­nue dans un monde fer­mé où les ac­teurs s’étaient per­sé­cu­tés à tra­vers le temps.”

Une bonne rai­son de le lire ? Un po­lar de bonne fac­ture, pre­nant et dont on veut vrai­ment connaître la fin. C’est avant tout une en­quête pas­sion­nante s’éta­lant sur plu­sieurs époques. De plus, on sent bien que l’au­teur a de so­lides connais­sances en ma­tière scien­ti­fique.

À qui l’of­fri­riez-vous ?

Tout amateur de po­lar.

Note at­tri­buée ? A. On ne s’en­nuie pas, un cha­pitre ter­mi­né ap­pelle à dé­cou­vrir aus­si­tôt le sui­vant. Sans ré­vo­lu­tion­ner le genre, on passe un agréable mo­ment. Bap­tiste Beau­lieu, médecin in­terne, au­teur de “Alors Voi­là. Les 1001 vies des ur­gences” (éd. Fayard) et ré­dac­teur du blog alors­voi­la.com

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