Dé­co/food : la ma­gie russe

VIK­TO­RIA BA­GRYANT­SE­VA, CRÉA­TRICE DE LA MARQUE DE MODE LYU­BOV, NOUS AC­CUEILLE DANS SON AP­PAR­TE­MENT PA­RI­SIEN PAR­TA­GÉ ENTRE ÂME SLAVE ET INS­PI­RA­TION VIN­TAGE.

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En Rus­sie, Le nou­vel An est cé­lé­bré sui­vant le ca­len­drier chré­tien et or­tho­doxe, c’est-à-dire le 1er jan­vier et le 13 jan­vier. Vik­to­ria Ba­gryant­se­va, ma­gni­fique pou­pée aux yeux de chat bleu azur, se plaît à re­la­ter cette pé­riode de fêtes ma­giques. Elle se sou­vient de l’odeur de can­nelle et de gin­gembre qui se dé­ga­geait de la cui­sine de son en­fance. De la chan­son “Piat Mi­nut” (cinq mi­nutes, en fran­çais), fre­don­née avec son grand frère, de la nuit blanche pas­sée de­vant la té­lé­vi­sion et du ta­pis en­nei­gé po­sé sur la ville qu’elle ad­mi­rait par la fe­nêtre. Toute pe­tite dé­jà, sa mère lui avait trans­mis la re­cette des Pel­me­ni, des pe­tits raviolis far­cis de viande et bai­gnés dans un bouillon gour­mand. À 9 ans, Vik se le­vait à 5 heures pour en pré­pa­rer une cas­se­role en­tière qu’elle ven­dait sur le mar­ché des an­ti­quaires pen­dant que ses pa­rents chi­naient. Au­jourd’hui, elle les confec­tionne pour ses deux gar­çons avec le même amour. Comme elle aime pré­pa­rer la dou­zaine d’en­trées – dont les cor­ni­chons sa­lés faits mai­sons – et la glace au yaourt ac­com­pa­gné de bis­cuits qu’on cui­sine tra­di­tion­nel­le­ment en Rus­sie pen­dant les fêtes.

Les Russes fêtent un Noël et deux jours de l’An : le Noël or­tho­doxe (le 7 jan­vier), et le Nou­vel An (le 1er jan­vier) puis le Nou­vel An An­cien (le 14 jan­vier). Vik­to­ria Ba­gryant­se­va, ma­gni­fique pou­pée slave aux yeux de chat bleu azur, créa­trice de mode ins­tal­lée à Pa­ris, se plaît à re­la­ter cette pé­riode de fêtes ma­giques. Elle se sou­vient de l’odeur de can­nelle et de gin­gembre qui se dé­ga­geait de la cui­sine de son en­fance. De la chan­son “Piat Mi­nut” (cinq mi­nutes, en fran­çais), fre­don­née avec son grand frère, de la nuit blanche pas­sée de­vant la té­lé­vi­sion et du ta­pis en­nei­gé po­sé sur la ville qu’elle ad­mi­rait par la fe­nêtre. Toute pe­tite dé­jà, sa mère lui avait trans­mis la re­cette des Pel­me­ni (p. 154), des pe­tits raviolis far­cis de viande et bai­gnés dans un bouillon gour­mand. À 9 ans, Vik se le­vait à 5 heures pour en pré­pa­rer une cas­se­role en­tière qu’elle ven­dait sur le mar­ché des an­ti­quaires pen­dant que ses pa­rents chi­naient. Au­jourd’hui, elle les confec­tionne pour ses deux gar­çons avec le même amour. Comme elle aime pré­pa­rer la dou­zaine d’en­trées – dont les cor­ni­chons sa­lés faits mai­sons – et la glace au yaourt ac­com­pa­gné de bis­cuits qu’on cui­sine tra­di­tion­nel­le­ment en Rus­sie pen­dant les fêtes.

MOS­COU DE COEUR

Exi­lée à Pa­ris en 2003 pour suivre une for­ma­tion au sein de la pres­ti­gieuse École de la Chambre Syn­di­cale de la Couture Pa­ri­sienne, Vik­to­ria a créé, trois ans plus tard, sa marque, Lyu­bov (amour, en russe), mais n’a ja­mais ou­blié son pays na­tal. L’in­fluence de sa ville, Mos­cou, se de­vine dans ses créa­tions, comme dans cette robe blanche plis­sée (en photo, à gauche) en sou­ve­nir des toits en­nei­gés. Son uti­li­sa­tion des cou­leurs franches et po­pu­laires du pays, comme le bleu, le rouge, l’orange et le jaune, et ses pièces en four­rure (sa mère et sa grand-mère en por­taient l’hi­ver) rap­pellent ses ori­gines. Vik­to­ria les twiste avec des coupes mas­cu­lines, jouant avec les pers­pec­tives et les ma­tières. L’his­toire a com­men­cé à 8 ans : la pe­tite fille pas­sait tout

son temps dans l’ate­lier de son père, or­fèvre et joaillier connu en Rus­sie, pour confec­tion­ner des bi­joux en fi­li­grane. Ado, elle a joué les man­ne­quins pour Rev­lon, Ca­val­li et Cas­tel­ba­jac, avant de pas­ser un di­plôme d’éco­no­mie. Mais plus que les chiffres, c’est la mode et le de­si­gn qui sus­citent sa créa­ti­vi­té.

INS­PI­RA­TION VIN­TAGE

À Pa­ris, la dé­co­ra­tion de son luxueux ap­par­te­ment si­tué en face du jar­din des Tui­le­ries montre qu’elle ac­corde au­tant d’im­por­tance à son in­té­rieur qu’à son al­lure. Amou­reuse des an­nées 50, la Pa­ri­sienne d’adop­tion aime se perdre aux puces de Saint-Ouen, aux puces du de­si­gn (Ber­cy), au Sa­lon des An­ti­quaires aux Tui­le­ries et à Londres pour dé­ni­cher des pièces rares. Ses chaises Four­mi si­gnées Arne Ja­cob­sen, ses bancs blancs des­si­nés par Har­ry Ber­toia et sa grande table en bois Knoll cô­toient un paon blanc et une chouette (Dey­rolle, en photo) ain­si qu’une col­lec­tion de cac­tus. In­trou­vables en Rus­sie, ils exercent sur Vik­to­ria une réelle fas­ci­na­tion. Une touche d’exo­tisme dans l’uni­vers de cette beau­té ve­nue du froid : ma­riage réus­si !

Luy­bov, 12, rue Cam­bon, Pa­ris 1.

Des chan­de­liers et de la vais­selle ra­me­nés de Rus­sie ha­billent cette table im­ma­cu­lée en lui don­nant de la cha­leur et des airs de fête.

Vik­to­ria trône de­vant sa che­mi­née. Cher­chez le chat ! Un bu­reau si­gné Hans J. We­gner et une chaise in­dus­trielle de Mar­ko donnent du ca­chet à son sa­lon.

Une pe­tite par­tie des meubles chi­nés ici et là par Vik­to­ria : sur un buf­fet des an­nées 50 sont po­sés un pal­mier en bronze des an­nées 70, des pa­pillons bré­si­liens sous cloche et un bou­geoir ar­ti­cu­lé en acier des an­nées 60. Une joyeuse har­mo­nie qui se re­trouve aus­si dans son sa­lon. Sous une sus­pen­sion de bi­blio­thèque, on dé­couvre quatre fau­teuils du de­si­gner Pierre Pau­lin qui en­tourent une table basse en verre de Pao­lo Pi­va.

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