FAUT- I L NO­TER LES MECS?

L’AP­PLI LU­LU PER­MET AUX FEMMES DE CRI­TI­QUER LEURS CONQUÊTES. PRO­GRÈS ?

Be - - TOUT DE SUITE - — CLA­RENCE ED­GARD- RO­SA

“Bon amant mais ra­din.” “Blagues lourdes et mau­vaise ha­leine.” Aux États-Unis, une étu­diante sur quatre uti­lise Lu­lu, cette ap­pli­ca­tion ré­ser­vée aux femmes qui per­met de don­ner une note à leurs conquêtes mas­cu­lines à leur in­su. Après une nuit ou deux ans de relation, on crée le pro­fil du mâle, via Fa­ce­book mais ano­ny­me­ment. Tous les coups sont per­mis. Les hommes sont clas­sés sur Lu­lu comme des as­pi­ra­teurs sur un site comparatif. Hu­mour, bonnes ma­nières, ap­ti­tudes au lit, look, am­bi­tion. Après avoir ré­pon­du à un QCM sur la qua­li­té du “pro­duit”, l’ap­pli­ca­tion gé­nère une ap­pré­cia­tion tein­tée de psy­cho­lo­gie de comp­toir (“Il est peut-être al­ler­gique à l’en­ga­ge­ment mais fe­ra tout pour ob­te­nir ce qu’il veut”). La no­teuse in­co­gni­to est en­suite in­vi­tée à com­plé­ter le por­trait par des ha­sh­tags qui vont de #GrosCo***rd à #Or­tho­gra­pheIr­ré­pro­chable. Alexan­dra Chong, la tren­te­naire, à l’ori­gine de Lu­lu, en­tend “chan­ger les hommes”. Quand on se sait sur­veillé, on s’ap­plique à être bien sage et à ra­battre la cu­vette des toi­lettes. Quid de la dif­fa­ma­tion ano­nyme ? Car sous cou­vert de so­li­da­ri­té fé­mi­nine, rien n’em­pêche les uti­li­sa­trices de se ven­ger de leur ex en lui dres­sant un por­trait de psy­cho­pathe, ou de rui­ner la ré­pu­ta­tion d’un plan cul qui n’a ja­mais rap­pe­lé.

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