J’ai de gros pro­blèmes de fer­ti­li­té et je com­mence à su­bir une très forte pres­sion so­ciale pour avoir des en­fants. Com­ment y faire face ?

MA­RIANNE, 31 ANS

Be - - LÀ-BAS -

Pre­miè­re­ment, si ce n’est pas dé­jà fait, il se­rait im­por­tant de consul­ter un spé­cia­liste de la fer­ti­li­té afin de dé­ter­mi­ner la na­ture de votre dif­fi­cul­té à conce­voir un en­fant, et trou­ver des so­lu­tions. Par ailleurs, un blo­cage psy­cho­lo­gique se dresse peut-être entre vous et votre dé­sir de gros­sesse. Il n’est pas rare qu’une femme tombe en­ceinte après une pé­riode d’in­fer­ti­li­té, au mo­ment même où un lâ­cher-prise vient de s’opé­rer dans le couple (adop­tion, deuil de la pa­ren­té). Son­gez à ques­tion­ner votre propre dé­sir : qu’at­ten­dez-vous de la gros­sesse et du fait de de­ve­nir mère ? À quel point le fait de sa­tis­faire votre en­tou­rage entre-t-il en ligne de compte ? Il ar­rive que cer­taines pa­tientes manquent de confiance en elles et es­timent qu’il faut avoir un en­fant pour être une femme à part en­tière. Se sen­tir épa­nouie passe pour­tant avant tout par soi-même. C’est en ren­for­çant sa propre per­son­na­li­té que l’on peut sor­tir de l’en­fance et en­trer dans une phase plus adulte... pour fi­na­le­ment de­ve­nir mère. Être adulte se ca­rac­té­rise par le fait d’être sor­ti de la dé­pen­dance au re­gard de l’autre. La norme so­ciale doit res­ter un point de re­père dans la construc­tion de soi, et non se sub­sti­tuer à votre iden­ti­té. N’ou­bliez pas non plus de mettre votre couple à l’abri de cette si­tua­tion au­tant que pos­sible. Re­pre­nez le contrôle et cher­chez à vous af­fir­mer sur d’autres plans que ce­lui de la ma­ter­ni­té, que ce soit dans le monde pro­fes­sion­nel, amou­reux ou ami­cal. N’hé­si­tez pas à vous faire ac­com­pa­gner par des as­so­cia­tions de sou­tien où vous trou­ve­rez des couples qui tra­versent la même crise que vous. Dans votre si­tua­tion, le mo­ral compte. Un psy­cho­thé­ra­peute vous ap­por­te­ra une écoute bien­veillante, neutre et em­pa­thique. Par­ler de vos res­sen­tis et ex­pri­mer vos émo­tions pour­ra vous ai­der à lâ­cher prise et à res­ter la plus po­si­tive pos­sible. Ça pour­rait de­ve­nir une fa­çon de re­trou­ver de l’apai­se­ment, de la lé­gè­re­té et du plai­sir dans votre vie.

Anne Zoun­tek­po, psy­cho­logue cli­ni­cienne et psy­cho­thé­ra­peute.

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