To be or not to be ? La vie dans un ta­bleau

PRA­DA, CÉ­LINE, CAS­TEL­BA­JAC... FA­BIEN CONSTANT EN VOIT DE TOUTES LES COU­LEURS AVEC LA TEN­DANCE POP ART.

Be - - SOMMAIRE - — FA­BIEN CONSTANT

BBon ben voi­là, ce qui de­vait ar­ri­ver arar­ri­va : les vê­te­ments qui ont dé­fi­lé een oc­tobre der­nier ont poin­té le bout dde leur cintre en ma­ga­sins et font dde 2014 l’an­née la plus vi­suel­le­ment aa­gres­sive de­puis que Keith Ha­ring a si­gné des vê­te­ments pour Ma­don­na en 11985 (non, ça, c’était bien). Je vous la fais courte, c’est la ten­dance pop art. Com­pre­nez mo­tifs énormes, dessins dé­me­su­rés, jets de cou­leurs, pro­jec­tions de ma­tière. C’est Pra­da qui a tout dé­clen­ché avec sa col­lec­tion Lich­ten­stein meets Wa­rhol meets qui­conque a fait du gros, du coloré, du vi­sage, des yeux, des nez ta­toués sur les seins, le nom­bril, les jambes. La femme forte est un ta­bleau. L’art et la consom­ma­tion : fa­shion sta­te­ment ! Les cri­tiques ap­plau­dissent. La mode, c’est fort quand c’est in­tel­ligent, et Miuc­cia Pra­da est le cer­veau d’un mi­lieu qui laisse sou­vent le sien au fond de son sac à main, entre le rouge à lèvres et les sa­chets pro­téi­nés. Der­rière, Cha­nel nous a fait le show en ga­le­rie d’art avec sa robe pa­lette et Ca­ra De­le­vingne (la toile sur la­quelle toute la mode écrit cette sai­son), les che­veux cou­pés fa­çon pin­ceaux. Cé­line nous a sor­ti la cou­leur splash – le bruit qu’ont fait les yeux des pri­vi­lé­giés du pre­mier rang en voyant la pre­mière robe. Le pro­blème ar­rive au mo­ment de la concré­ti­sa­tion de cette ten­dance dans la rue, por­tée par de vraies femmes, avec de vrais gens au­tour et des pou­belles, des ar­rêts de bus et des crottes de chiens. Les pre­mières à s’y col­ler sont les ré­dac­trices de mode, pe­tites pri­vi­lé­giées qui semblent avoir un pi­pe­line entre les bu­reaux de presse et leur dres­sing à la mai­son. Pre­mières ser­vies, oui. Pre­mières vic­times aus­si ! Ou com­ment réa­li­ser que cette mode créée, pen­sée pour la reine An­na Win­tour, ne va pas cal­mer son amour hys­té­rique de l’im­pri­mé. Fa­ta­le­ment, on a dé­jà eu droit à quelques sor­ties mê­lant robe à mo­tifs, car­digan à mo­tifs (son grand truc) et man­teau vi­sage par-des­sus. Comme si (par­don An­na, Miuc­cia et toutes ces dames in­tel­li­gentes en A) Yo­lande Mo­reau était pas­sée en sur­pro­duc­tion pour un épi­sode re­vi­val spé­cial Noël des “Des­chiens”. En­core plus qu’avec tout autre ten­dance, le pop art est à prendre avec des pin­cettes. Mol­lo sur les ac­ces­soires, sous peine de mi­graine im­mé­diate. Ce n’est pas pour rien que dans les mu­sées d’art mo­derne, les ta­bleaux sont ac­cro­chés sur des murs blancs. Je vous laisse, je viens de vous dé­go­ter sur eBay un vin­tage Cas­tel­ba­jac, qui avait dé­jà tout fait il y a vingt ans.

An­na Win­tour, une man­ne­quin du dé­fi­lé Pra­da, An­na Dello Rus­so... Ques­tion : on les en­cadre

quand ?

TO BE OR NOT TO BE ?

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