Nou­velles stars de la mode

JEUNES, BEAUX ET TA­LEN­TUEUX, ILS CONSTRUISENT LEUR PROPRE UNI­VERS, BLUFFENT LES PROS DU SEC­TEUR ET RÉ­VEILLENT NOS DRES­SINGS.

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Les col­lec­tions de l’été 2014 consacrent l’es­sor d’une jeune gé­né­ra­tion de sty­listes, à la fois ar­tistes pas­sion­nés et pros du bu­si­ness. L’in­dus­trie de la mode et du luxe n’avait pas sa­cra­li­sé au­tant de sang neuf de­puis les cou­ron­ne­ments de John Gal­lia­no, Alexander McQueen ou Marc Ja­cobs, la pe­tite tren­taine au dé­but des 90s. Entre les jeunes pousses pre­nant du ser­vice dans de vé­né­rables mai­sons (J.W. An­der­son chez Loewe, Ju­lien Dos­se­na chez Pa­co Ra­banne, Yi­qing Yin chez Leo­nard…) et l’éclo­sion de jeunes ta­lents à la tête de leur propre marque, le pa­no­ra­ma est ter­ri­ble­ment ex­ci­tant. Dé­si­reux de ra­jeu­nir leur “por­te­feuille d’ac­qui­si­tions”, les grands du luxe lorgnent de plus sur les start-up de la mode. LVMH dé­si­gne­ra fin mai le pre­mier vain­queur de son tout nou­veau Prix LVMH pour les Jeunes Créa­teurs de mode. Tan­dis que le pré­sident de Ke­ring, Fran­çois-Hen­ri Pi­nault, se­ra le par­rain de l’édi­tion 2014 de l’An­dam (As­so­cia­tion na­tio­nale pour le dé­ve­lop­pe­ment des arts de la mode), qui, en juillet der­nier, avait don­né son grand prix à Alexandre Mat­tius­si. Un jeune Fren­chy hy­per doué qui fait par­tie de nos cinq coups de coeur.

STEL­LA JEAN

34 ans, créa­trice de la marque Stel­la Jean

D’où vient votre vo­ca­tion ? J’ai com­men­cé comme man­ne­quin, et dès que je suis en­trée dans un stu­dio de créa­tion, j’ai su que j’étais dans mon élé­ment. J’ai trou­vé dans la mode l’es­pace où mes deux cultures, eu­ro­péenne et créole, co­existent et de­viennent une force. J’ai gran­di dans l’Ita­lie des 80s, ce qui ne s’est pas fait sans dou­leur, même si je viens d’une fa­mille ai­sée. Qu’est-ce qui a lan­cé votre car­rière ? Who’s on Next, un concours de jeunes ta­lents spon­so­ri­sé par le “Vogue” ita­lien.

Votre style en deux mots ? Wax et Stripes : la syn­thèse de mes deux cultures. “Wax” pour mes ra­cines maternelles haï­tiennes et “Stripes” pour les rayures des che­mises de mon père tu­ri­nois. Votre men­tor ? Fran­ca Soz­za­ni du “Vogue” Ita­lien. Votre ins­pi­ra­tion pour l’été 2014 ? Des images d’aris­to­crates en va­cances sur l’in­do­lente ri­vie­ra ita­lienne des 60s.

Si vous n’aviez pas été créa­trice ? J’au­rais été di­plo­mate. Votre plus grand rêve de mode ? Réus­sir à al­lier le sens et l’es­thé­tique. stel­la­jean.it

D’où vient votre vo­ca­tion ? J’ai com­men­cé à des­si­ner en­fant. Le vê­te­ment est ve­nu après. Ado, j’ai vou­lu faire des études qui me per­met­traient de conti­nuer à des­si­ner. Il s’est trou­vé que c’était une école de couture. Si j’y ré­flé­chis, ça s’est fait ins­tinc­ti­ve­ment, c’est à ça que j’étais des­ti­né.

Qu’est-ce qui a lan­cé votre car­rière ? En sor­tant de l’école, je suis en­tré par ha­sard chez Gi­ven­chy. J’ai ren­con­tré Pao­lo Ge­ra­ni, le PDG de Gil­mar (pro­prié­taire d’Ice­berg), ce qui m’a ame­né chez Ice­berg. Pour moi, c’est une marche de plus. Une énorme marche ! Mais c’est sur­tout le fruit de tout ce qui avait pré­cé­dé. Com­ment gar­der son in­té­gri­té au sein d’une grosse mai­son ? On me laisse as­sez libre de ré­in­ter­pré­ter les codes Ice­berg se­lon mes en­vies. Les dé­lais sont courts, mais je tra­vaille beau­coup, nuit et jour. Votre style ? Je crois que j’ai en com­mun avec la griffe les in­fluences sports­wear et ur­baines. Le reste se­ra à dé­cou­vrir au fur à me­sure des col­lec­tions. Vos men­tors dans la mode ? J’ai ap­pris de tous ceux avec qui j’ai tra­vaillé, comme Ric­car­do Tis­ci et plein d’autres qui m’ont sou­te­nu et ai­dé. Vos

ins­pi­ra­tions pour l’été 2014 ? Des boy-scouts qui partent à To­kyo ! Je vou­lais que les codes “ar­my”, chers à Ice­berg, soient plus joyeux, d’où les scouts. Et To­kyo, parce qu’Ice­berg et moi avons un lien fort avec le Ja­pon. Votre mo­dèle fa­vo­ri ? Le T-shirt avec le des­sin 3D d’un ice­berg dé­com­po­sé/re­com­po­sé. C’est la pre­mière pièce à la­quelle j’ai pen­sé en com­men­çant à tra­vailler sur la col­lec­tion, la plus em­blé­ma­tique. Votre plus grand rêve de mode ? Je crois que je suis en train de le vivre ! Si vous n’aviez

pas été dans la mode ? En­fant, je vou­lais être des­si­na­teur de films d’ani­ma­tion. icei­ce­berg.com

D’où vient votre vo­ca­tion ? J’ai tou­jours été fas­ci­née par l’ar­chi­tec­ture du corps, la danse, les voyages, l’art contem­po­rain… La mode me pa­rais­sait pou­voir faire le lien entre tout ça.

Qu’est-ce qui a lan­cé votre car­rière ? Chaque étape m’a construite jour après jour. Re­ce­voir le prix Pre­mières Col­lec­tions de l’An­dam, en 2013, a été un sé­rieux coup de pouce. Quels ont été les

tuyaux “dé­brouille” de vos dé­buts ? Mon pas­sage au sein des Ate­liers de Pa­ris pen­dant deux ans. C’était une in­croyable op­por­tu­ni­té, très riche de conseils et aus­si de cha­leur hu­maine. La

par­ti­cu­la­ri­té de votre style ? Une sorte de couture ma­thé­ma­tique, aux lignes fluides et struc­tu­rées.

Vos men­tors ? J’ad­mire les femmes fortes comme Ma­de­leine Vion­net ou Ma­dame Grès et aus­si, plus près de nous, le beau tra­vail d’Hai­der Acker­mann ou de Pierre Har­dy, qui a été mon pro­fes­seur à l’école Du­per­ré pen­dant deux an­nées. Vos

ins­pi­ra­tions pour l’été 2014 ? Une femme qui nage sous l’eau et les mo­tifs éton­nants que forme sur sa peau la lu­mière tra­ver­sant l’eau. Votre mo­dèle

fa­vo­ri ? La robe longue dos nu plis­sé so­leil en soie noire im­pri­mée. Sur quoi tra­vaillez-vous en ce

mo­ment ? Sur ma cin­quième col­lec­tion, au­tom­ne­hi­ver 2014-2015, ain­si que sur mon deuxième dé­fi­lé à Pa­ris. Votre plus grand rêve de mode ? J’ai­me­rais construire une marque de mode qui soit à la fois in­tem­po­relle, pé­renne et pros­père, tout en gar­dant une vie pri­vée in­tense et épa­nouie. Un sa­cré dé­fi, non ? Et si vous n’aviez pas été sty­liste ? Je pense que j’au­rais été ar­chi­tecte ou de­si­gner, à cause du mé­lange de vi­sion créa­tive et d’en­ga­ge­ment so­cié­tal de ces mé­tiers. chris­ti­ne­phung.com

Votre marque s’adresse aux gar­çons, pour­quoi

vous lan­cer au­jourd’hui dans la mode fé­mi­nine ? Pas mal de femmes me de­mandent : “Fais-nous des trucs qu’on puisse por­ter tous les jours .” D’où vient

votre suc­cès ? L’hon­nê­te­té, je crois. J’ai vou­lu faire des vê­te­ments que je se­rais le pre­mier à por­ter… sui­vi par mes potes. Comme on dit, “les amis de mes amis sont mes amis” et ain­si de suite ! Votre

style en deux mots ? Un ves­tiaire de tous les jours, sin­gu­lier, libre et pour tout le monde. Le concept

de votre ligne femme ? Une dé­cli­nai­son du ves­tiaire mas­cu­lin adap­tée aux pro­por­tions fé­mi­nines. On com­men­ce­ra à l’hi­ver 2015, mais on in­tro­dui­ra dès l’hi­ver 2014 ces pe­tites tailles que les clientes ré­clament. Vos men­tors ? Mon prof à Du­per­ré : Pierre Har­dy. Il est très smart, je l’aime beau­coup. Si­non j’ai mes anges gar­diens chez LVMH : j’ai com­men­cé

chez Dior Homme et ter­mi­né chez Marc Ja­cobs. Ils me sou­tiennent et me conseillent de­puis mes dé­buts. Vos ins­pi­ra­tions pour l’été 2014 ? Je vou­lais quelque chose d’es­ti­val, coloré, lu­mi­neux comme un dé­part en va­cances ou un re­tour au ber­cail, d’où la pré­sen­ta­tion dans un aé­ro­port. Celles qui vous

ins­pirent pour votre ligne femme ? Mes co­pines. Des femmes en scoot ou en voi­ture, avec des en­fants, qui aiment les vê­te­ments mais, bon, si elles ne se coiffent pas le ma­tin, ce n’est pas grave. Vos

pièces fa­vo­rites ? J’adore les man­teaux, les vestes et les sou­liers. Toutes ces pièces de l’élé­gance à la fran­çaise, qui donnent une al­lure pas for­cée. Si vous

n’aviez pas été sty­liste ? J’au­rais été chan­teur. Je parle sou­vent en fre­don­nant. Votre grand rêve

de mode ? Être heu­reux. Après tout, pour­quoi faire ce mé­tier si ce n’est pour ça ? ami­pa­ris.fr

D’où vient votre vo­ca­tion ? Je viens d’une fa­mille de chaus­seurs. Quand j’étais pe­tite, avec mes frères, on fai­sait du vé­lo au mi­lieu des peaux dans la salle des formes. Le soir, après dî­ner, je voyais ma mère es­quis­ser des dessins. Même si j’ai sui­vi des études de lettres, ce­la ne m’a ja­mais quit­tée. Et d’où vient

l’idée de lan­cer la ligne Ate­lier Vin­tage en plus

de la marque Mer­ca­dal ? J’ai eu en­vie de ré­édi­ter of­fi­ciel­le­ment les sou­liers “ou­bliés” de l’en­tre­prise fa­mi­liale en ob­ser­vant mes co­pines qui ache­taient des chaus­sures vin­tage dont beau­coup étaient d’an­ciens mo­dèles de mon grand-père. Vous vous

êtes dé­brouillée com­ment, au dé­but ? La pre­mière sai­son, j’ai bé­né­fi­cié du réseau de ma mère mais j’ai dû faire la com­mer­ciale en pro­vince moi-même, mes chaus­sures aux pieds. Et ça a très bien mar­ché : qui mieux que toi peut vendre ta marque ? Votre style ? Un mo­no­pro­duit clas­sique, fé­mi­nin et dé­cli­nable à l’in­fi­ni. Le ta­lon co­nique des 80s est fa­cile à por­ter dans la vie de tous les jours, pour des pe­tites na­nas comme moi qui courent par­tout du ma­tin au soir.

Vos men­tors ? Ma mère. Elle est dans le mé­tier de­puis long­temps et m’a beau­coup conseillée.

Vos ins­pi­ra­tions pour l’été 2014 ? Le fan­tasme de la femme des an­nées 80 est ré­cur­rent chez moi. J’ai l’image, pe­tite, de ma mère se pré­pa­rant pour sor­tir. Les films, la mu­sique de l’époque… Votre mo­dèle

pré­fé­ré ? Un es­car­pin en cuir blanc avec un dé­col­le­té mon­tant. Si vous n’aviez pas été créa­trice de

chaus­sures ? J’au­rais conti­nué à faire comme quand j’étais au ly­cée et que je sé­chais les cours pour lire des bou­quins. [Rires.] Votre plus grand rêve

de mode ? Que mon pro­duit soit un fond de garde-robe, un clas­sique. ate­lier-mer­ca­dal-shop.fr

ALEXIS MAR­TIAL

28 ans, di­rec­teur de créa­tion d’Ice­berg

CH­RIS­TINE PHUNG

35 ans, créa­trice de Ch­ris­tine Phung De­si­gn

ALEXANDRE MAT­TIUS­SI

33 ans, créa­teur de la marque

AMI

INÈS-OLYMPE MER­CA­DAL

26 ans, créa­trice de la ligne Ate­lier Mer­ca­dal

vin­tage

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