Dé­co : l’art du dé­tail

Be - - SOMMAIRE - — MOR­GANE PAU­LIS­SEN *alphabeta.fr

égo­lène Savoff, pé­tillante et rock, crée sa marque, Alphabeta, il y a cinq ans. Au­to­di­dacte, elle dé­bute en chi­nant des bre­loques vin­tage qu’elle trans­forme au fil de son ins­pi­ra­tion. Ra­pi­de­ment, la créa­trice en herbe dé­cide de conce­voir ses bi­joux de A à Z, en par­tant de ses dessins. Les filles se pâment et, en 2013, l’af­faire se trans­forme en or avec le lan­ce­ment de la col­lec­tion haut de gamme 18 ca­rats puis l’ou­ver­ture, en no­vembre der­nier, d’un e-shop*. De­puis ses pre­mières pièces, dis­tri­buées dans le concept store pa­ri­sien Mer­ci, son éner­gie créa­tive

CRÉA­TRICE DES BI­JOUX ALPHABETA, SÉ­GO­LÈNE SAVOFF DIS­TILLE AVEC HU­MOUR DES CLINS D’OEIL AR­TY DANS SON BEL AP­PAR­TE­MENT.

est gui­dée par son goût pour l’ar­chi­tec­ture, la mu­sique et l’art contem­po­rain. Mais le plus sou­vent, c’est une icône qui lui ins­pire un bi­jou, à l’image de Deb­bie Har­ry, Pat­ti Smith ou Yo­ko Ono. Comme ce col­lier à l’ins­crip­tion “Be­longs to Lovers”, ti­ré du my­thique “Be­cause the Night” chan­té par l’au­teure du livre “Just Kids”. Sé­go­lène n’aime pas les ob­jets et les his­toires lisses. Ses best-sel­lers ? La ligne de bi­joux à l’ef­fi­gie de lionnes ma­quillées de l’éclair de Zig­gy Star­dust, alias Da­vid Bo­wie, et ceux ar­bo­rant des cou­ronnes à la Bas­quiat et des pro­jec­tions de pein­ture à la Jack­son Pol­lock.

L’art de la fan­tai­sie Dans son ma­gni­fique 100 mètres car­rés, à Bou­logne-Billan­court, c’est pa­reil : un culte du dé­ca­lage, sub­til tou­te­fois. Un buste en por­ce­laine de Bee­tho­ven, avec les cils et le cha­peau du per­son­nage d’Alex De­Large dans “Orange mé­ca­nique” édi­té par K.Olin Tri­bu, une sculp­ture en bois flot­té en guise de siège, une lampe en forme d’al­lu­mette géante de­si­gnée par Et­tore Sott­sass pour Ar­te­mide amusent et sur­prennent. Une ci­trouille à pois, si­gnée Yayoi Ku­sa­ma pour Louis Vuit­ton, trône dans la salle à man­ger. À l’ex­cep­tion de sa chaise Four­mi d’Arne Ja­cob­sen, ache­tée sur un coup de fo­lie à 20 ans, Sé­go­lène aime plu­tôt le style contem­po­rain. Son in­té­rieur re­gorge de bonnes idées. Une bi­blio­thèque sur me­sure en­ve­loppe le sé­jour, les livres y sont clas­sés par cou­leur : les teintes roses Dans la chambre, au pied du lit, une veilleuse créée par le de­si­gner Achille Cas­ti­glio­ni, et un sol noir et blanc en trompe-l’oeil.

SES BONNES ADRESSES

Lu­ka Lu­na 77, rue de La Ver­re­rie, Pa­ris 4. Co­si Lo­ti 21, rue Hou­don, Pa­ris 18. Su­per­flu 77, rue Le­gendre, Pa­ris 17. Del­fo­nics Car­rou­sel du Louvre, 99, rue de Ri­vo­li, Pa­ris 1. Pa­pier Tigre 5, rue des Filles­du-Cal­vaire, Pa­ris 3. Ser­geant Pep­per 38, rue Quincampoix, Pa­ris 4. Il­lums bo­lig­hus illum­sbo­lig­hus.dk dans un ca­sier, les teintes jaunes dans un autre… Un ran­ge­ment ori­gi­nal dans le­quel un ou­vrage sur Ron Mueck cô­toie un abé­cé­daire pour en­fants qu’elle a chi­né — la jeune femme est col­lec­tion­neuse d’al­pha­bets illus­trés.

Double jeu Les par­tis pris donnent le “la” de cet es­pace ori­gi­nal. Ce n’est pas un ha­sard si le de­si­gner pré­fé­ré de Sé­go­lène est l’Ita­lien Achille Cas­ti­glio­ni, le roi du double D : dé­ca­lage et dé­tour­ne­ment. Une patte que l’on re­trouve dans la chambre, grâce à deux veilleuses Lam­pa­di­na qui éclairent des car­reaux de ci­ment très gra­phiques. Dans la cui­sine ouverte, elle a ins­tal­lé un tuyau de ca­na­li­sa­tion en cuivre pour ac­cro­cher serviettes et us­ten­siles. Sa der­nière fo­lie ? Trans­for­mer ses toi­lettes en une ga­le­rie éphé­mère où sont ex­po­sés les dessins de son pe­tit gar­çon de 6 ans, les coups de coeur qu’elle dé­niche sur Et­sy et des re­pro­duc­tions de cro­quis de l’ar­tiste Da­mien Hirst. Après ça, on a juste en­vie de chan­ter : “A, B, C, it’s ea­sy as 1, 2, 3 !” et de peindre des pois sur ses lé­gumes !

Dans la bi­blio­thèque, des livres clas­sés par cou­leur, un buste de Bee­tho­ven fa­çon “Orange mé­ca­nique”, des Te­le­tub­bies… Sur la table basse, un Ki­dro­bot : Sé­go­lène as­sume son sens du dé­ca­lage.

Sé­go­lène dé­tourne ob­jets édu­ca­tifs, jeux, jouets, lettres ou dessins d’en­fants, pour en faire de sur­pre­nants bi­be­lots.

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