UNE FILLE PLEIN FARD

Nou­velle ve­nue sur la scène mode, l’An­glaise Atlanta de Ca­de­net Tay­lor, 21 ans, truste les shows et les soi­rées. La top idéale pour ré­in­ter­pré­ter quatre ten­dances ar­ty des po­diums.

Be - - LA NOTICE - AU­RÉ­LIE LAMBILLON

New York, le 8 dé­cembre 2013 De fins flo­cons dansent dans le ciel noir (il est 18 heures, am­biance 4 heures du mat’ tant la ville semble em­mi­tou­flée dans sa tor­peur do­mi­ni­cale) et Man­hat­tan gre­lotte ferme. Dans la nuit, une pe­tite sil­houette sur­git. Jean, bon­net, grosse par­ka : l’uni­forme hi­ver­nal des filles co­ol de l’East Vil­lage. Atlanta de Ca­de­net Tay­lor dé­boule à pied à l’hô­tel Marl­ton, en voi­sine, pour dis­cu­ter au coin du feu de notre shoo­ting pré­vu dans quatre jours. Entre-temps, elle ira à Dal­las, in­vi­tée par la mai­son Cha­nel à as­sis­ter front row au dé­fi­lé des mé­tiers d’art. Ce soir, elle re­vient tout juste d’Art Ba­sel Mia­mi, la grande foire an­nuelle d’art contem­po­rain au­tant pri­sée pour ses oeuvres poin­tues que pour ses par­ty bling. “C’était dingue pour une no­vice comme moi. Je suis ar­ri­vée les mains dans les poches, sans réa­li­ser qu’il fal­lait pla­ni­fier sé­rieu­se­ment chaque cock­tail, ver­nis­sage, fête, pour ne pas être noyée dans la guest list !”, ra­conte-t-elle, mi-in­cré­dule, mi-amu­sée. Elle est comme ça Atlanta, pas (en­core) bla­sée, en­thou­siaste et to­ta­le­ment sin­cère quant à ses bap­têmes de la hype. Les fa­shion weeks, de New York, Pa­ris et Londres, en mars der­nier (“un tour­billon de dé­fi­lés et de fêtes, une drôle d’école de la vie où j’ai beau­coup ap­pris”) ; les séances photo de­puis un an (“on n’ima­gine pas comme c’est long et fa­ti­gant, un shoo­ting”) ; Le Bal des Dé­bu­tantes au Crillon, il y a quatre ans (“ma ren­contre avec Cha­nel qui m’avait ha­billée pour l’oc­ca­sion”)... Atlanta est pour­tant une en­fant de la balle (OK, “fille de”). Ma­man, Aman­da de Ca­de­net, ex-pré­sen­ta­trice TV et it girl avant l’heure, fit le bon­heur de la presse people bri­tan­nique dans les an­nées 80. Pa­pa, John Tay­lor, bas­siste du groupe Du­ran Du­ran (“The Re­flex”, “The Wild Boys”, ça vous dit quelque chose ?), af­fo­la les coeurs d’une gé­né­ra­tion d’ados avant d’ac­cro­cher ce­lui d’Aman­da. Bref, Atlanta jouait dans les backs­tages de concerts (Beas­tie Boys, Red Hot Chi­li Pep­pers), à l’âge où d’autres dé­couvrent les pâ­tés de sable. La pe­tite fa­mille quitte vite Londres la grise pour Los An­geles l’en­so­leillée. Aman­da de­vient pho­to­graphe et adopte le heal­thy li­ving qui fait fu­reur en Ca­li­for­nie. “En­fant, j’ar­ri­vais à l’école avec mon car­rot cake mai­son, je n’avais pas droit au fast-food”, se sou­vient-elle. Atlanta, pas si sage, mul­ti­plie les pas­sages éclairs dans les écoles pri­vées, tou­jours prête à s’échap­per pour re­joindre ses potes ar­ty. “Je fai­sais à chaque fois un peu tache avec mes sand­wichs bio et mes longues robes pay­sannes”, pour­suit-elle. Et puis, au dé­but de l’an­née der­nière, elle en a marre. As­sez de L.A., “pa­ra­di­siaque mais pas très mo­ti­vant”. Lasse de glan­der. “J’ai su très jeune que je ne vou­lais pas être doc­teure, mais je n’ai ja­mais eu en­vie de me lais­ser bal­lot­ter par la vie pour au­tant. J’adore la mode, je suis fan de mu­sique, et je suis ul­tra mo­ti­vée”, sou­ligne-t-elle. Di­rec­tion la ville de tous les pos­sibles. Il y a un an, elle dé­barque à New York, une va­lise de robes vin­tage “com­plè­te­ment in­ap­pro­priées au cli­mat new-yor­kais” sous le bras et des étoiles plein les yeux. Au­jourd’hui, elle gère éner­gi­que­ment sa car­rière bour­geon­nante de man­ne­quin et DJette, et soigne mi­nu­tieu­se­ment son image. Elle mixe à sa sauce ses marques pré­fé­rées – Cha­nel, Pra­da, Miu Miu, Car­ven – al­ter­nant “les looks de mec et les te­nues ul­tra fé­mi­nines”, en at­ten­dant de créer ses propres mo­dèles. C’est tout le bien qu’on lui sou­haite. –

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