“Je n’ai pas l’im­pres­sion que le ma­chisme me touche”

Be - - PHÉNOMÈNE -

CA­RO­LINE, 24 ANS, em­ployée dans un la­bo pho­to

“Je ne peux pas dire que je suis an­ti­fé­mi­niste, ce se­rait me ti­rer une balle dans le pied. Mais je me sens dé­con­nec­tée des com­bats des fé­mi­nistes pu­bliques. Je trouve leur dis­cours re­van­chard, trop tran­ché, je pense même par­fois que ça res­semble à une sorte de ma­chisme ren­ver­sé. Et puis, je n’ai pas l’im­pres­sion que le ma­chisme me touche. Si les tâches mé­na­gères ne sont pas équi­ta­ble­ment ré­par­ties, je ne mets pas ça sur le compte du sexisme, mais sur ce­lui de mon mec flem­mard. Je suis bien contente d’être une femme, de ne pas avoir de muscles et d’avoir be­soin d’être pro­té­gée. Bien sûr, ce n’est pas nor­mal de flip­per pour ses fesses quand on rentre toute seule le soir ! Mais j’ai du mal à voir là une his­toire de genre. Pour moi, c’est une ques­tion d’édu­ca­tion. Je crois que je suis une sorte d’ «égo­fé­mi­niste» : je vois ça non pas comme un com­bat col­lec­tif, mais comme un mode de vie. Les filles doivent se prendre en main in­di­vi­duel­le­ment, c’est aus­si elles qui ali­mentent le sexisme en choi­sis­sant d’être sou­mises dans leur couple ou d’avoir des idéaux à l’an­cienne.”

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