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“L’IN­FI­DÉ­LI­TÉ EST DE­VE­NUE LA NORME”

Les chiffres Les don­nées de l’étude Ifop com­man­dée par le site de ren­contres ex­tracon­ju­gales Glee­den ont fait le tour du Web.

Un homme sur deux et une femme sur trois ad­mettent avoir été in­fi­dèles au cours de leur vie.

La pro­por­tion des Fran­çais ayant dé­jà été voir ailleurs a pro­gres­sé de ma­nière conti­nue au cours des quinze der­nières an­nées, pas­sant de 30 % en 2001 à 43 % en 2013. Et sans par­ler de ga­li­pettes, un Fran­çais sur deux au­rait dé­jà em­bras­sé quel­qu’un d’autre que son par­te­naire. Si le nombre d’in­fi­dèles est plus éle­vé cô­té mâle, il aug­mente à me­sure que les an­nées passent : on compte 20 % d’in­fi­dèles chez les moins de 35 ans contre 46 % chez les plus de 50 ans. Le pro­fil type ? Un homme âgé de plus 50 ans, CSP+, à gauche de l’échi­quier po­li­tique.

L’ana­lyse pro Pour le psy­chiatre Phi­lippe Bre­not, si les chiffres an­non­cés semblent glo­ba­le­ment co­hé­rents, il ne faut pas ou­blier que ce son­dage a été com­man­dé par le pre­mier site d’aven­tures ex­tracon­ju­gales. De quoi orien­ter les ques­tions. Ce­ci po­sé, on peut, se­lon lui, in­ter­pré­ter cette hausse gé­né­rale de l’in­fi­dé­li­té par la mul­ti­pli­ca­tion des par­te­naires amou­reux au cours de sa vie : “La plu­part des gens ont vé­cu à 35 ans quatre ou cinq his­toires suc­ces­sives. Il y a eu pour cer­taines d’entre elles des pé­riodes de tran­si­tion : on a été in­fi­dèle à l’un pour se mettre en couple avec le pro­chain.” Il y a cin­quante ans, ces che­vau­che­ments n’exis­taient pas. Ce­la ne veut pas dire que les couples d’au­jourd’hui ne sont pas at­ta­chés à la fi­dé­li­té. Bien au contraire, elle est un prin­cipe d’idéal fon­da­men­tal dans le couple. Une ana­lyse que par­tage Fran­çois Kraus, di­rec­teur d’études à l’Ifop : “Dans un contexte de crise où l’in­fi­dé­li­té est plus que ja­mais va­lo­ri­sée, on n’ob­serve pas une aug­men­ta­tion de la to­lé­rance à l’égard des aven­tures ex­tracon­ju­gales.” Des va­leurs de fi­dé­li­té an­crées dans une vi­sion du couple cen­trée sur l’échange qui, se­lon le Dr Bre­not, sont propres aux moins de 35 ans. “L’ar­ri­vée du si­da y est pour quelque chose. Les jeunes font leur en­trée en couple par un test qui tend à res­pon­sa­bi­li­ser et à don­ner plus de co­hé­rence à leur his­toire.”

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