GROS MY­THOS

AVEC TOUS CES PÉPLUMS QUI SORTENT, ON EN PERD NOTRE LA­TIN.

Be - - TOUT DE SUITE - — GAËL LE BEL­LE­GO

En un mois, “Noé” va sor­tir des flots, “Pom­péi”(pho­to), de la lave, Athé­niens et Perses re­joue­ront la ba­taille de Ma­ra­thon dans “300 : la nais­sance d’un em­pire” et, cet été, Her­cule, muscles ban­dés, ré­édi­te­ra ses ex­ploits dans le film épo­nyme. Par Ju­pi­ter, le pé­plum re­naît de ses cendres ! On avait lais­sé le genre, fu­mant, à la fin des 60s. Après avoir connu son âge d’or hol­ly­woo­dien (des “Gla­dia­teurs” à “Ben-Hur”), il s’était rin­gar­di­sé en Italie, de na­nars bo­dy­buil­dés en soft porn. Et là, à la vi­tesse du ja­ve­lot, il re­vient. Phi­lippe Guedj, critique et blo­gueur ci­né (dai­ly­mars.net), nuance : “C’est Rid­ley Scott qui, dès « Gla­dia­tor », en 2000, a im­pul­sé ce re­vi­val en y in­jec­tant sa vio­lence gra­phique, et y en ôtant toute niai­se­rie. En­suite, il y a eu « Troie », « Alexandre », les sé­ries « Spar­ta­cus », « Rome » ou « La Bible ».” Exit la ni­gau­de­rie re­li­gieuse (Dieu vu du ciel) et les femmes faire-va­loir, il suf­fit de voir Gem­ma Ater­ton ma­ter Per­sée (“Le Choc des titans”) : un vent de fé­mi­nisme a souf­flé sur l’An­ti­qui­té. Pour­quoi cette ré­sur­rec­tion ? “Her­cule et Ulysse sont vus comme les an­cêtres des su­pe­r­hé­ros. Ils in­carnent une puis­sance en la­quelle il est fa­cile de se pro­je­ter. Les ré­cits sont ras­su­rants, connus, ils font écho aux in­éga­li­tés. Et puis le pé­plum, avec ces corps hui­lés en ju­pette et sandales, c’est de l’éro­tisme brut !”, ex­plique Phi­lippe Guedj. Et quand, pa­roxysme SM, un bel es­clave to­pless se ré­volte contre son maître, c’est la ce­rise sur le ba­ba au Rome.

“Pom­péi”, de Paul W.S. An­der­son. “300 : la nais­sance d’un em­pire”, de Noam Mur­ro. En salles le 5 mars. “Noé”, de Dar­ren Aro­nof­sky. En salles le 9 avril. “Her­cule”, de Brett Rat­ner. En salles le 6 août.

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