Mode d’em­ploi : le style Nan­cy Cu­nard

IN­TEL­LEC­TUELLE EN­GA­GÉE, ELLE EST DE­VE­NUE UNE ICÔNE DE MODE, PAR SA PAS­SION DES BRA­CE­LETS. ON S’EN INS­PIRE EN­CORE.

Be - - SOMMAIRE - — HOR­TENSE BONAMY

Ses bras sont or­nés de sa pas­sion de l’art afri­cain, qu’elle af­fiche dans ses em­pi­le­ments de bra­ce­lets d’ivoire et de joncs sculp­tés. Fi­gure de l’avant-garde des an­nées 20, im­mor­ta­li­sée par Man Ray, Nan­cy Cu­nard est aus­si une “icône hors la loi”, se­lon Sa­rah Frioux-Fal­gas, com­mis­saire de l’expo que le Quai Bran­ly lui consacre*. Cette femme de convic­tion, mi­li­tante des droits ci­viques, a un man­tra : “Éga­li­té des races, éga­li­té des sexes, éga­li­té des classes”, écrit-elle en 1956. Une convic­tion que cette An­glaise,aise, af­fran­chie de sa bour­geoi­sie na­tale, double d’une li­ber­té de moeurs, mul­ti­pliant les amants, dont Ara­gon. In­sou­mise, elle vi­vra une longue his­toire d’amour avec le pia­niste noir amé­ri­cain Hen­ry Crow­der. Elle est l’au­teure de l’oeuvre ma­jeure “Ne­gro An­tho­lo­gy”, qui mêle poèmes sur­réa­listes fran­çais et textes po­li­tiques d’in­tel­lec­tuels afroa­mé­ri­cains. Cu­nard di­sait “Je hais : le fas­cisme […] Et le sno­bisme et tout ce qui va avec.” In­tem­po­relle.

Par Man Ray, en 1925.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.