Le der­nier Me­tro ( no­my )

LEUR NOU­VEL AL­BUM, “LOVE LET­TERS”, NOUS VA DROIT AU COEUR. REN­CONTRE POST-SCRIP­TUM AVEC JO­SEPH, SON LEA­DER.

Be - - SOMMAIRE - — GAËL L E BEL­LE­GO

Jo­seph Mount (ci-des­sus à gauche), chan­teur du brillan­tis­sime groupe d’élec­tro-pop an­glaise, a deux bé­bés. Deux mer­veilles. Le pre­mier ne fait pas ses nuits, d’où les yeux gon­flés et les bâille­ments à bon rythme d’in­ter­view. Le se­cond s’ap­pelle “Love Let­ters”, écrit à la plume d’oie, en­re­gis­tré sur bande ma­gné­tique au Toe Rag Stu­dios. Un qua­trième al­bum jo­li­ment pa­ti­né, qu’on lit et re­lit comme une dé­cla­ra­tion d’amour faite à la mu­sique. Est-ce la fa­tigue ? Joe n’est pas très cau­sant en en­tre­vue, cher­chant ses mots, ali­gnant des phrases hé­si­tantes qui mé­ri­te­raient quelques coupes. L’in­verse de son disque, mieux taillé en­core que son “En­glish Ri­vie­ra” de 2011, écou­lé à 140 000 exem­plaires en France. On y trouve de l’en­train psy­ché­dé­lique (sa po­chette rose fla­shy, un clip de Mi­chel Gon­dry) en même temps qu’un fond cha­grin qui in­ter­roge. Vas-y Joe : “Je ne suis pas dé­pres­sif, mais j’ai un cô­té nos­tal­gique. Je mets ma mé­lan­co­lie dans mes disques, pour l’être moins dans la vie.” La mu­sique, il en parle avec hu­mi­li­té – dé­taillant sa joie de môme la pre­mière fois qu’il a en­ten­du un de ses titres à la ra­dio, et sans sno­bisme (“J’ai un faible pour « Wre­cking Balls » de Mi­ley Cy­rus”). Il avoue : “Je sais que je ne suis pas un ar­tiste en­ga­gé. Je laisse ça aux autres.” Pas de tract dans sa pop, mais du trac, oui. “Il m’ar­rive d’avoir l’an­goisse de la page blanche. Du coup, je me vautre sur le so­fa avec ma co­pine, à re­gar­der n’im­porte quoi à la té­lé. Je me dis alors qu’un jour, j’ar­rê­te­rai.” Vu son “Love Let­ters”, le plus tard pos­sible, on es­père.

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