La mi­ni, c’est grand

ELLE SE­RA LÀ TOUT L’ÉTÉ – D’AILLEURS, LA MI­NI­JUPE N’EST JA­MAIS VRAI­MENT PAR­TIE. MAIS FAUT-IL S’EN RÉ­JOUIR ? FA­BIEN CONS­TANT A LA RÉ­PONSE.

Be - - SOMMAIRE - — FA­BIEN CONS­TANT

VVous le sa­vez, chaque mois, je mets les ppieds dans la ten­dance – le gauche, au moins, est cen­sé por­ter chance –, en es­sayant de vous évi­ter les pon­cifs du genre et, croyez-moi, c’est tout aus­si com­pli­qué que d’es­sayer d’ob­te­nir d’un pré­sident fran­çais de ne pas fau­ter hors de l’Élysée. La mi­ni­jupe a beau être un mar­ron­nier, elle reste quand même un truc de so­cié­té. Ma­ry Quant, la sty­liste qui l’a in­ven­tée dans le Swin­ging London, vient de fê­ter ses 80 ans. Je vous ras­sure, elle a en­core l’air de sor­tir d’une sé­quence de “Dim Dam Dom”, avec sa coupe au bol orange et son ma­quillage qui doit se voir dans le noir. Ques­tion : doit-on vrai­ment lui dire mer­ci ? Cin­quante ans de mi­ni, c’est cin­quante ans d’éman­ci­pa­tion de la femme, de li­bé­ra­tion de jambes, de che­veux, de seins (oui, je sais, on parle de jupe, mais quand vous op­tez pour la vraie mi­ni­jupe, dans 95 % des cas, la li­bé­ra­tion des seins n’est pas très loin), de “je suis sexy et oui”, “je fais ce qu’il me plaît et oui”, “j’aguiche et j’as­sume et oui”, “mais c’est moi qui dé­cide, tant pis”. Mais c’est aus­si cin­quante ans de filles qui pensent qu’elles sont Bri­gitte Bar­dot et, chaque été, se re­trouvent le fes­sier col­lé aux sièges en Skaï de leur voiture res­tée en plein ca­gnard. C’est cin­quante ans de filles qui pensent que, la mi­ni se por­tant courte, elles peuvent ren­trer dans cette jupe en 36 alors qu’elles font un bon 42. Mais cin­quante ans après, on en est où de la mi­ni ? Pour l’été 2014, il y en a chez Saint Laurent par He­di Sli­mane, qui, lui, semble coin­cé dans le hors-sai­son ca­li­for­nien et crée une mi­ni qui louche plu­tôt vers Joan Jett et Court­ney Love que vers Catherine De­neuve. C’est la mi­ni de ro­ckeuse, celle qui a des trous au col­lant et un bé­do dans le chi­gnon. Sur son po­dium, on trouve aus­si la mi­ni de se­cré­taire qui a fait ex­près de mettre le bou­ton de sa lampe de bureau le plus bas pos­sible pour tendre son der­rière à chaque fois qu’elle change la lu­mière. Plus pa­ri­sien, il y a la mi­ni d’Isa­bel Ma­rant, pour la fille qui ne craint pas les coups de vents. Il y a la mi­ni prin­ta­nière de Ba­len­cia­ga par Alexan­der Wang. Mais la vraie mi­ni qui fait en­vie, c’est l’asy­mé­trique du dé­fi­lé Ja­que­mus : c’est Cour­règes, Lio, El­li Me­dei­ros et Yelle mé­lan­gés. Une mi­ni pour une fille de 23 ans, comme Si­mon Ja­que­mus, qui kiffe sa life. D’ailleurs, le der­nier look du dé­fi­lé était une mi­ni blanche et un T-shirt “J’aime la vie”. C’est sans doute la meilleure dé­fi­ni­tion pos­sible pour ex­pli­quer ce re­tour de la mi­ni : des filles qui aiment la vie. Je vous laisse, j’ai mon pre­mier ren­dez-vous d’épi­la­tion dé­fi­ni­tive des jambes au la­ser. Je com­mence par les mol­lets.

Toute prin­ta­nière chez Ba­len­cia­ga par Alexan­derWang, Glitter rock chez Saint Laurent par He­di Sli­mane.

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