Alors, on aime ?

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CLA­RA COMETTI ET JU­LIEN GALNER ont écou­té “Mi­rage”, de Des­tin (Po­ly­dor).

Vos pre­mières im­prim­pres­sions ? On connais­sait dé­jà la plu­part de ces titres, mais pas dans ces ver­sions-là. Leur mu­sique, c’est un peu le bâ­tard d’Ed­dy Mit­chell et de Bob­by Or­lan­do.

Vos titres préférés ? Cla­ra : “Le so­leil brille”, j’aime bien l’am­biance bord de la pis­cine/peau mouillée. On sent presque le so­leil chauf­fer sur notre peau. Ju­lien : “Adé­laïde”, il y a quelque chose d’un peu sur­an­né dans la mé­lo­die du cou­plet qui marche as­sez bien avec le re­frain, plus ca­va­lier et con­qué­rant. Et puis les “cuts” de voix sont su­per.

Ceux que vous ai­mez le moins ? Cla­ra : Je pré­fé­rais l’ar­ran­ge­ment ini­tial de “Pre­mier pas”, je trouve qu’il a un peu per­du de charme et de mal­adresse tou­chante. En tout cas, on les re­mer­cie, car ils font ce qui leur plaît sans se sou­cier du qu’en-di­ra-t-on, ça, c’est co­ol. Dans quelles cir­cons­tances écou­te­riez­vous ce disque ?

Au ré­veil, sur une île des Cy­clades.

À qui l’of­fri­riez-vous ? Au groupe, pour leur dire qu’ils ont bien tra­vaillé.

Note at­tri­buée ? On ne va pas les no­ter, plu­tôt leur mettre les en­cou­ra­ge­ments. Cla­ra Cometti et Ju­lien Galner, du groupe Exo­ti­ca. Pre­mier al­bum : “La Vierge et le Lion” (Chambre 404/So­ny).

AU­RÉ­LIE ROMANACCE a lu “Dans la loge de l’ange gar­dien”, de Pierre Lu­nère (éd. Fleuve).

La pre­mière ligne du livre ?

“Il est 10 heures et je sors de ma loge.”

Ra­con­tez-nous l’his­toire. Pierre est un concierge d’im­meuble qui a la fa­cul­té d’être voyant. Un pou­voir qu’il se garde de dé­voi­ler aux lo­ca­taires, crai­gnant leurs ré­ac­tions. Pierre ra­conte son exis­tence, entre ses consul­ta­tions ca­chées et son mé­tier de gar­dien.

La phrase qui vous a mar­quée ? “Les séances de voyance s’ap­pa­rentent beau­coup à des passes.” Rap­pro­cher le voyant d’un psy, passe en­core, mais d’une pros­ti­tuée, c’est quand même sur­pre­nant ! Certes, l’au­teur consi­dère qu’ils font tous les deux un “tra­vail so­cial”, mais le ré­con­fort me pa­raît tout autre, non ?

Une bonne rai­son de le lire ? Les flashs de voyance sont as­sez bien dé­crits et la des­crip­tion des ti­rages de cartes, no­tam­ment avec l’oracle de Bel­line, plu­tôt pré­cise.

À qui l’of­fri­riez-vous ? À ma grand-mère, qui tire elle-même les cartes, car c’est un su­jet peu abor­dé dans les ro­mans.

Note at­tri­buée ? C. Je conseille­rais à l’au­teur de conti­nuer à ti­rer les cartes mais de s’abs­te­nir d’écrire. Le ré­cit des consul­ta­tions donne lieu à un ca­ta­logue ahu­ris­sant de cli­chés sur les femmes.

Au­ré­lie Romanacce, critique d’art.

EL­SA BALDOIN a lu “Pré­da­trice”, d’Alis­sa Nut­ting (éd. So­na­tine).

La pre­mière ligne du livre ? “J’ai pas­sé la nuit pré­cé­dant mon pre­mier jour d’en­sei­gne­ment à me mas­tur­ber fré­né­ti­que­ment en si­lence de mon cô­té du lit, sans fer­mer l’oeil un seul ins­tant.”

Ra­con­tez-nous l’his­toire. Ce­leste Price vit le rêve amé­ri­cain et forme avec son ma­ri le couple idéal. Le por­trait se gâte lors­qu’on dé­couvre sa pas­sion ca­chée pour les jeunes gar­çons, goût qu’elle a de­puis l’ado­les­cence.

La phrase qui vous a mar­quée ? “Voir la jeu­nesse des élèves ma­té­ria­li­sée de si près sous mes yeux m’a fait re­dou­bler le rythme de mes vi­sites an­ti-âge au spa et de mes achats de crèmes et de lo­tions.” On com­prend que son pen­chant per­vers est l’ex­pres­sion ou­trée de l’at­trait qu’a la so­cié­té pour la jeu­nesse : ce culte a un prix.

Une bonne rai­son de le lire ? Le livre aborde la ques­tion du plai­sir, mais aus­si celle du dé­sir en lien avec le pou­voir puisque la nar­ra­trice est en­sei­gnante.

À qui l’of­fri­riez-vous ? Aux fans d’An­to­nin Ar­taud, qui aiment la té­lé­réa­li­té, bref, à des consom­ma­teurs cultu­rels schi­zo­phrènes. Les ama­teurs d’éro­tisme Har­le­quin se­ront com­blés.

Note at­tri­buée ?

B. Le rythme et le style sont de bonne fac­ture. Mais on res­sent un ma­laise à cause des points com­muns entre l’au­teure et Ce­leste Price, toutes deux jeunes et jo­lies en­sei­gnantes.

El­sa Baldoin, pro­fes­seure à l’uni­ver­si­té.

PAUL SZCZERBA a lu “La Ré­pu­blique bo­bo”, de Laure Wa­trin et Thomas Le­grand (éd. Stock).

La pre­mière ligne ddu livre ? “Nous sommes bo­bos. Ça doit se voir puis­qu’on nous le dit.”

Ra­con­tez-nous l’his­toire. Les au­teurs dé­crivent et ana­lysent la mon­tée en puis­sance des bo­bos, leurs moeurs et leurs ha­bi­tudes, ain­si que les ré­ac­tions qu’ils sus­citent. Com­bien de temps vous a pris la lec­ture de ce livre ? Deux soi­rées. La des­crip­tion de la bo­boï­tude est plus agréable à lire que les dé­fi­ni­tions du dé­but de l’ou­vrage.

La phrase qui vous a mar­qué ? “Le bo­bo to­lère les plus pauvres que lui mais pas les plus riches, il pré­fé­re­ra donc tou­jours ha­bi­ter dans des quar­tiers po­pu­laires, plus po­pu­laires que ses re­ve­nus en tout cas. Parce que c’est plus sym­pa, plus vi­vant (et, ac­ces­soi­re­ment, on a un ap­part plus grand).”

Une bonne rai­son de le lire ?

Pour les anec­dotes sa­vou­reuses.

À qui l’of­fri­riez-vous ? À mes voi­sins, pour lan­cer un énième dé­bat sur les bo­bos !

Note at­tri­buée ? B+. C’est bien do­cu­men­té, par­fois drôle mais un peu trop égo­cen­trique. Paul Szczerba, créa­teur de la marque Ba­li­ba­ris. 14, rue de Mar­seille, Pa­ris 10. ba­li­ba­ris.com

JU­LIE BAUDON a vu “La Crème de la crème” de Kim Cha­pi­ron. Sor­tie le 2 avril.

La pre­mière scène ddu film ? Un jeune est en train de se mas­tur­ber de­vant un film por­no­gra­phique en 3D, ses lu­nettes sur le nez.

Ra­con­tez-nous l’his­toire. Trois nou­veaux étu­diants de la meilleure bu­si­ness school d’Eu­rope réa­lisent qu’il existe un “mar­ché du sexe” au sein de leur école. Ils créent sur le cam­pus un ré­seau de proxé­né­tisme, afin que les élèves n’ayant au­cun suc­cès soient vus aux bras de ca­nons et ac­quièrent une no­to­rié­té au­près des filles de l’école.

La scène qui vous a mar­quée ? La seule fille du trio va convaincre une in­con­nue de par­ti­ci­per à leur stra­ta­gème. Son dis­cours de fu­ture com­mer­ciale est dé­jà bien ro­dé et elle par­vient à ba­na­li­ser le fait de vendre son corps avec une fa­ci­li­té dé­con­cer­tante.

Une bonne rai­son d’al­ler voir ce film ? C’est drôle, mais ça ren­force les cli­chés sur les écoles de com­merce, même si cer­tains sont en par­tie fon­dés.

Avec qui iriez-vous le voir ? Avec un ami de mon école qui, mal­gré l’as­pect sur­joué, se re­trou­ve­ra dans cer­tains comportements de ces élèves…

Note at­tri­buée ? B. J’avais des a prio­ri en y al­lant mais, mal­gré le thème exa­gé­ré et faus­sé, j’ai bien ri. Il faut un peu d’au­to­dé­ri­sion. Ju­lie Baudon, étu­diante en école de com­merce et pré­si­dente d’une as­so­cia­tion d’élèves.

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