Le coeur­rier de Fio­na Sch­midt

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Bien chère Fio­na, J’ai la chance d’avoir une vie amou­reuse en­ri­chis­sante, lu­dique et va­riée : un vrai ré­gime cré­tois du couple, si vous me per­met­tez l’ex­pres­sion – c’est que Nou­nours et moi sommes de grands fans de “Top Chef” (Ghis­laine, si tu me lis : on t’aime !). Et pour­tant, j’ai un pro­blème. En dé­pit de notre bon­heur et de ma nou­velle coupe de che­veux, notre conjoncture conju­gale n’est pas à la baise : je crois que la der­nière fois qu’on a fait l’amour, Pa­ris s’ap­pe­lait en­core Lu­tèce. Nou­nours et moi concu­bi­nons de­puis dix ans : peut-être est-ce lié ? Mer­ci pour votre aide.

–Gla­dys

Chère Gla­dys,

Dix ans, dé­jà ? Ça ne me ra­jeu­nit pas. En tout cas, si la chef pète-sec de M6 est la seule qui fasse vi­brer votre couple, peut-être est-il grand temps de re­ti­rer les piles de la té­lé­com­mande pour les in­sé­rer dans l’un de ces pe­tits us­ten­siles qui ra­vissent les sens ? Un mixeur à soupes, di­tes­vous ? Cher­chez en­core, Gla­dys... Ce­ci dit, qui vous oblige à vous em­boî­ter ? Après tout, votre couple n’est pas un puzzle, et le sexe n’est obli­ga­toire que dans les ma­ga­zines fé­mi­nins et les clips de Ri­han­na. Lais­sez donc ja­ser les sta­tis­tiques, et en­joyez votre bon­heur avec Nou­nours sans culpa­bi­li­té : l’amour, c’est comme le brow­nie, c’est quand on com­mence à comp­ter que ça fait gros­sir. Bien à vous, et pour­vu que Jean-Edern gagne. –Fio­na

Très chère Fio­na,

Vous sem­blez être de bon conseil, alors je me lance. Après trois ans et des va­cances en­semble aus­si pal­pi­tantes qu’un film po­lo­nais sans sous-titres, nous nous sommes quit­tés – en­fin, surtout lui. Sauf qu’en par­tant, il a ral­lu­mé en moi l’étin­celle que je croyais morte : je sais au­jourd’hui que je l’aime tou­jours, mais lui ne veut plus en­tendre par­ler de moi, mal­gré mes ten­ta­tives de rap­pro­che­ment. Que faire pour le re­trou­ver ? Ai­dez­moi. –Mé­la­nie

Chère Mé­la­nie,

Une pré­ci­sion tech­nique d’abord : je ne “semble” pas être de bon conseil, je le suis. Mais re­ve­nons à votre mou­ton : vous ne pré­ci­sez pas quelle est la na­ture des ten­ta­tives que vous avez ef­fec­tuées, ni de sa ré­ac­tion à lui : lui avez-vous ré­vé­lé, clai­re­ment et cal­me­ment, que vous l’ai­miez en­core ? Vous a-t-il lui-même re­pous­sée, clai­re­ment et cal­me­ment ? Si, comme j’en ai l’im­pres­sion, il vous a quit­tée car votre re­la­tion s’était éteinte d’elle-même, ne faites pas une Jacques Brel : le feu re­jaillit ra­re­ment des vol­cans qu’on croyait trop vieux, et on craque sou­vent l’al­lu­mette par or­gueil, et/ou par peur de la so­li­tude, plu­tôt que pour les qua­li­tés in­trin­sèques du vol­can (quelle poète je fais). “Beuh, n’im­porte quoi”, pen­sez­vous sans doute – et je vous le sou­haite. Néan­moins, j’in­siste : si vous lui avez dit que vous l’ai­miez tou­jours, vous avez fait l’es­sen­tiel. S’il ne re­vient pas, c’est sim­ple­ment que votre es­sen­tiel est ailleurs. Pleu­rez un bon coup, puis lais­sez un nou­veau Mon­sieur sé­cher vos larmes. Je vous em­brasse. –Fio­na

Chère Fio­na,

Au dé­but, mon Mon­sieur me ti­rait les che­veux et me se­couait dans tous les sens, mais de­puis que nous avons fait notre coming out bi­la­té­ral – “Je t’aime”, “Sans déc’, moi aus­si !” –, il me fait l’amour avec un grand A, comme le bâille­ment que, dé­sor­mais, j’étouffe sous la houle de lac suisse de nos draps. Comment lui sug­gé­rer de lais­ser son res­pect avec ses chaus­settes au pied du lit, et de me bai­ser fa­rou­che­ment ?

–May-Line

Chère May-Line, Comme ça, tout sim­ple­ment. Bien à vous. –Fio­na

VOUS AVEZ DES QUES­TIONS SUR L’AMOUR AVEC UN GRAND A (OU UN PE­TIT Q) ? FIO­NA SCH­MIDT A LES RÉ­PONSES.

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