Je fais des crises d’an­goisse, comment m’en sor­tir ?

Be - - LÀ-BAS -

Pre­miè­re­ment, il fau­drait diag­nos­ti­quer ces crises. Clas­si­que­ment, on a l’im­pres­sion qu’on va faire un ma­laise, alors qu’il n’y a au­cune cause phy­sique tan­gible pour le cor­ro­bo­rer. Sur­vient aus­si l’idée d’une mort im­mi­nente. On est presque sûr qu’on va faire une crise car­diaque. Il faut bien gar­der à l’es­prit qu’on ne meurt ja­mais d’une crise d’an­goisse. Ce­la peut ai­der. Pour se soi­gner, deux pré­co­ni­sa­tions. Tout d’abord, il y a la so­lu­tion pro­vi­soire mé­di­ca­men­teuse. On ap­pelle SOS Mé­de­cins et le gé­né­ra­liste in­jec­te­ra un an­xio­ly­tique pour cal­mer la crise. Mais, pour mé­moire, sa­chez que les Fran­çais sont les plus grands consom­ma­teurs au monde de ben­zo­dia­zé­pine, et que ce n’est pas for­cé­ment bon, surtout à long terme. Dans un se­cond temps, il convient d’en­ta­mer une psy­cho­thé­ra­pie pour trai­ter ces an­goisses à la source. Cette stra­té­gie se­ra par­fois cou­plée à une prise ré­gu­lière d’an­ti­dé­pres­seurs adap­tés. Ce trai­te­ment fonc­tionne comme une bouée : lors­qu’on ap­prend à na­ger, les flot­teurs nous portent pen­dant qu’on in­tègre les bons mou­ve­ments à exé­cu­ter afin de gar­der la tête hors de l’eau. Au fur et à me­sure que l’ap­pren­tis­sage porte ses fruits, on re­tire les bouées, jus­qu’à pou­voir s’en pas­ser. Cette mé­thode marche très bien et né­ces­site seule­ment quelques mois, voire quelques se­maines. L’ob­jec­tif est d’al­ler mieux tout en éli­mi­nant les an­ti­dé­pres­seurs grâce à la thé­ra­pie.

Jean-Mi­chel Huet, psy­cha­na­lyste.

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