Je prends de la co­caïne tous les sa­me­dis. Est-ce que ça veut dire je suis ad­dict ?

Be - - LÀ-BAS -

Oui, vous êtes ad­dict. Vous vous trou­vez dans la ca­té­go­rie de consom­ma­teurs que j’ap­pelle les “Je gère”. J’ai choi­si cette ex­pres­sion parce qu’il s’agit de la ré­ponse ha­bi­tuelle. Le gros pro­blème de cette consom­ma­tion est qu’elle donne ef­fec­ti­ve­ment l’illu­sion de maî­tri­ser. Ce­pen­dant, lorsque le week-end ap­proche, une pe­tite lu­mière s’al­lume dans la tête, n’est-ce pas ? Il n’em­pêche que sur le long terme, à par­tir de douze mois en­vi­ron, on entre dans la vraie ma­la­die ad­dic­tion. Il faut éga­le­ment sa­voir qu’après six mois de prise de co­caïne, on constate dé­jà des at­teintes in­tel­lec­tuelles ir­ré­ver­sibles. En­core plus alar­mant, on sait dé­sor­mais que quelle que soit la dose, il y a une mul­ti­pli­ca­tion par vingt-quatre des risques d’in­farc­tus dans l’heure de la prise. On ne le dit pas as­sez, mais il y a aus­si de grands risques d’épi­lep­sie, même pour quel­qu’un qui n’en a ja­mais fait. En­fin, au long cours, la co­caïne joue sur l’hu­meur et le com­por­te­ment. Les cli­chés se vé­ri­fient avec des syn­dromes de toute puis­sance, l’im­pres­sion de tout contrô­ler, mais aus­si la pa­ra­noïa qui s’ins­talle pe­tit à pe­tit. C’est une drogue sour­noise, car on ne voit rien ve­nir. Si vous vous po­sez dé­jà des ques­tions sur votre état ac­tuel, vous de­vriez vous faire éva­luer par un spé­cia­liste de l’ad­dic­to­lo­gie. Au moins pour faire le point.

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