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TRIS­TE­MENT RÉ­AF­FIR­MÉ LORS DE RÉ­CENTES MA­NI­FES­TA­TIONS NA­TIO­NALES, L’AT­TA­CHE­MENT AUX TRA­DI­TIONS EST TWIS­TÉ AUS­SI PAR LA HYPE.

Be - - SOMMAIRE - ANNE- LAURE GRIVEAU

Ma­riage, fa­mille, re­li­gions ou fêtes po­pu­laires, les tra­di­tions évo­luent avec le monde. Mais, dans une so­cié­té en crise, il y a ceux qui s’y ac­crochent, ceux qui les re­fusent, et ceux qui, comme en mode, pra­tiquent le mix & match. Un cou­rant que le ca­bi­net de mar­ke­ting amé­ri­cain JWT In­tel­li­gence appelle le “re­mixing tra­di­tion” et consi­dère comme l’un des dix phé­no­mènes forts de 2014. “Live bet­ter. Help of­ten. Won­der more” (“Vivre mieux. Ai­der plus souvent. S’émer­veiller plus”) : avec ce slo­gan, les Sun­day As­sem­bly, or­ga­ni­sées dans des “églises athées” qui fleu­rissent un peu par­tout aux États-Unis, en sont un par­fait exemple. Nous sommes di­manche ma­tin dans l’au­di­to­rium du syn­di­cat des mu­si­ciens pro­fes­sion­nels de Los An­geles, un groupe re­prend les Stones, et une foule se presse pour par­ta­ger des his­toires (lues par des in­ter­ve­nants dignes des confé­rences TED), chan­ter de la pop, mé­di­ter, or­ga­ni­ser des ac­tions ca­ri­ta­tives... Créés par San­der­son Jones et Pip­pa Evans, deux ac­teurs tren­te­naires d’ori­gine bri­tan­nique, les Sun­day As­sem­bly conservent, se­lon cette der­nière, les meilleurs cô­tés de l’Église – son as­pect hu­main, ac­com­pa­gna­teur et so­li­daire –, la re­li­gion ex­cep­tée. Autre culte, autre twist, avec les “hi­jabs­ters”, ces jeunes femmes mu­sul­manes qui ré­in­ventent le voile pour en faire un ac­ces­soire mode. Couleurs vives, im­pri­més cool, sacs cou­ture ou te­nues mips­terz (mus­lim + hips­ter), toutes af­firment leur iden­ti­té et la pos­si­bi­li­té de suivre leur foi, tout au­tant que l’air du temps. Comme la ten­dance de la “mi­ni­moon” : après leur ma­riage, plu­tôt que de re­por­ter une lune de miel idéale, de jeunes époux choi­sissent un voyage de noces moins loin et moins cher. Ce ri­tuel, par­ta­gé par à peu près toutes les re­li­gions, n’échappe pas à ce coup de jeune. Et la Saint-Va­len­tin ou le Nouvel An, on les ré­in­vente quand ?—

Pip­pa Evans à la gui­tare et San­der­son

Jones – les deux créa­teurs des “Sun­day As­sem­bly” – en plein of­fice dans leur église sans Dieu.

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