Ques­tions in­ter­dites

SEXE, SAN­TÉ, TRAVAIL, AMI­TIÉ, LO­GE­MENT, FA­MILLE... IL Y A DES SU­JETS QUE VOUS N’OSEZ PAS ABOR­DER. ICI, AU­CUN N’EST TA­BOU. NOS EX­PERTS VOUS RÉ­PONDENT.

Be - - SOMMAIRE - PAR AN­TOINE BOI­TEL ET LAU­RIANNE GEPNER

Je rêve de me faire po­ser des pro­thèses, mais j’ai peur à cause du scan­dale PIP. Le si­li­cone est-il sans au­cun dan­ger ? Existe-t-il une al­ter­na­tive ?

Le scan­dale PIP est le ré­sul­tat d’une fraude. Les di­ri­geants de la so­cié­té Po­ly Im­plant Pro­thèse ont sub­sti­tué au si­li­cone conforme aux normes en vi­gueur, un si­li­cone in­dus­triel, qui a en­traî­né da­van­tage de com­pli­ca­tions (rup­ture de pro­thèse, gan­glions). Mais, en de­hors de cette escroquerie, ce pro­duit n’aug­mente pas le risque de can­cer du sein et les pro­thèses mam­maires ne gênent pas la sur­veillance des seins. La ma­jo­ri­té des re­cons­truc­tions mam­maires se font d’ailleurs avec des pro­thèses de cette ma­tière. Il a été dé­mon­tré que les pa­tientes qui avaient des pro­thèses en gel de si­li­cone n’avaient pas plus de ré­ci­dive ou de nou­veau can­cer que celles qui n’en avaient pas. Par ailleurs, il en existe aus­si en sé­rum phy­sio­lo­gique, mais leur en­ve­loppe est aus­si en si­li­cone, et le ré­sul­tat es­thé­tique et “pal­pé” est moins bon. En­fin, il existe une al­ter­na­tive aux pro­thèses : le li­po­filling. Il s’agit d’aug­men­ter la taille des seins en in­jec­tant de la graisse pré­le­vée sur une autre par­tie du corps. Cette tech­nique pré­sente deux avan­tages : d’une part, le ré­sul­tat est par­fai­te­ment na­tu­rel car il n’y a pas de corps étran­ger, et, d’autre part, cette tech­nique ne né­ces­site au­cune main­te­nance (c’est-à-dire au­cune nou­velle in­ter­ven­tion pour chan­ger les pro­thèses). Mais il faut avoir suf­fi­sam­ment de graisse à pré­le­ver, et, comme on peut en in­jec­ter une dose li­mi­tée par in­ter­ven­tion, ac­cep­ter que l’aug­men­ta­tion mam­maire soit mo­dé­rée ou pré­voir plu­sieurs in­ter­ven­tions.

Dr. Isa­belle Sarfati, chi­rur­gien plas­ti­cien à l’Ins­ti­tut du sein, à Pa­ris.

Ma meilleure amie est très jo­lie et dès qu’on sort, je me fonds dans la ta­pis­se­rie. Suis-je son faire-va­loir ?

Pour­quoi ce sen­ti­ment de ri­va­li­té ? De­man­dez-vous ce que cette re­la­tion avec votre amie re­flète par rap­port à votre back­ground familial. Au mo­ment où vous avez gran­di, avez-vous sen­ti que vos pa­rents lais­saient votre fé­mi­ni­té s’ex­pri­mer li­bre­ment et se dé­ployer ? Aviez­vous, par exemple, une soeur qui était plus va­lo­ri­sée que vous, à vos yeux ? Votre ques­tion évoque une place que vous n’ar­ri­vez pas à prendre à cause d’une vi­sion né­ga­tive de vous-même. Ap­prendre à mieux vous ai­mer vous per­met­trait de ne plus vous po­ser de telles ques­tions qui parlent fi­na­le­ment plus de vous-même que de votre amie. In­utile de cher­cher à évi­ter cette per­sonne : en sor­tant avec une autre co­pine, vous res­sen­ti­riez pro­ba­ble­ment quelque chose de si­mi­laire. Faites plu­tôt évo­luer votre point de vue sur vous-même pour vous dé­bar­ras­ser pour de bon de cette fausse im­pres­sion. Il faut tra­vailler sur votre manque d’as­su­rance. Com­men­cez par re­cen­ser ce que vous es­ti­mez être vos points forts et met­tez-les en va­leur. Pour­quoi ne pas vous faire prendre en pho­to sous votre meilleur jour par un pro­fes­sion­nel ? Ce­la aide cer­taines per­sonnes à al­ler de l’avant et à par­ve­nir à une “re­nar­cis­si­sa­tion”. Ju­liette Al­lais, psy­cho­thé­ra­peute, au­teure de “Amour et sens de nos ren­contres” (éd. Ey­rolles).

Je suis tou­jours un peu saoule au mo­ment de faire l’amour. Pour­quoi ce be­soin de m’en­ivrer avant de me désha­biller ?

Comme beau­coup de drogues, l’al­cool est un dés­in­hi­bi­teur qui vous aide à dé­pas­ser vos peurs et vos com­plexes. L’en­nui, c’est que c’est aus­si une mau­vaise ha­bi­tude qui peut nuire à votre san­té. Voi­ci donc quelques as­tuces pour vous en dé­faire. Es­sayez tout d’abord de vous ac­cou­tu­mer à votre propre nudité. Quand vous êtes seule chez vous, amu­sez-vous à pas­ser du temps toute nue, tout en va­quant à vos oc­cu­pa­tions ha­bi­tuelles. Lorsque vous croi­sez un mi­roir, sou­riez, pre­nez des poses, amu­sez-vous ! À force, vous se­rez sans doute plus à l’aise avec votre corps. Pen­dant les rap­ports sexuels, il peut être in­té­res­sant de rem­pla­cer l’al­cool par des jeux éro­tiques. Ils vous ap­pro­che­ront de la sen­sa­tion que vous pro­cure l’al­cool, c’est-à-dire un cer­tain état de lâ­cher-prise. De­man­dez, par exemple, à votre par­te­naire de vous ban­der les yeux avant même qu’il ne vous désha­bille pour perdre le contrôle fa­ci­le­ment. L’échange de mas­sages sen­suels peut aus­si ai­der à ren­for­cer la com­pli­ci­té avec un par­te­naire ré­gu­lier et la confiance en vous. Au fil du temps, vous ap­pré­cie­rez da­van­tage vos re­la­tions en­ivrées d’amour seule­ment.

Ma­rie-Noëlle La­nuit, sexo­thé­ra­peute. se­cret­de­fon­taine.com

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