Louise

Ar­tiste per­for­meuse

Be - - REAL PEOPLE -

“Dans mes nu­mé­ros bur­lesques, je me sers de mon corps comme d’une base pour mettre en scène les ar­ché­types fé­mi­nins, les dé­tour­ner et les dé­cons­truire. Comme le mer­kin [perruque pour le pu­bis, ndlr] que je porte au­jourd’hui, la lin­ge­rie fine et le ma­quillage sont mes ou­tils de travail, au même titre que l’épi­la­tion. C’est pour­quoi je m’ef­force de ne pas les uti­li­ser dans ma vie quo­ti­dienne. Contre­dire les pres­sions so­ciales pour ac­cep­ter d’être belle telle quelle reste un chal­lenge. Au dé­but de ma prise de conscience fé­mi­niste, je n’ai pas ra­sé mes jambes pen­dant sept ans. Ma mère m’a sup­pliée de le faire en échange de ma robe pour le bal de pro­mo. J’ai op­té pour le com­pro­mis di­plo­ma­tique en ra­sant mes ais­selles. Au­jourd’hui, je me rase quand je suis payée pour le faire, mais en va­cances, je suis poi­lue comme un go­rille. Cette ob­ses­sion du lisse, ce n’est rien de plus qu’une ca­té­go­rie de films por­nos qui est de­ve­nue une norme. Dans dix ans, on se ren­dra peut-être compte que les poils sont très sexy.”

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