TRUE CO­LORS

“At­ten­tion, gros ca­rac­tère”, crient les che­ve­lures ta­pa­geuses de la sai­son. Et si on as­su­mait d’avoir beau­coup de choses à dire ?

Be - - SPÉCIAL BEAUTÉ - — JOY PIN­TO

Blanc, rouge, noir : voi­là le co­lor code ca­pil­laire de l’été 2014. Une pa­no­plie éblouis­sante qui signe la fin des an­nées sages de che­veux “qui imitent à la per­fec­tion le na­tu­rel, un peu comme ceux d’un en­fant”. Tout a com­men­cé sur un po­dium Saint Laurent l’au­tomne der­nier. “He­di Sli­mane m’a de­man­dé de teindre toutes les filles en noir ou en pla­tine dans l’es­prit grunge, se rap­pelle Sté­phane Pous, co­lo­riste pa­ri­sien. Mais le re­tour de la cou­leur matche aus­si avec ce­lui des vraies coupes et des che­veux courts, qui per­mettent plus d’au­daces.” Quelques mois plus tard, les couleurs qui claquent sont sur toutes les têtes de tops (hello Edie Camp­bell, sa­lut Co­co Ro­cha, ciao Soo Joo Park et un peu tout le monde...) et s’in­vitent dé­jà dans les quar­tiers cool de la ca­pi­tale. Entre-temps, la ten­dance s’est confir­mée sous l’im­pul­sion de Muc­cia Pra­da qui au­rait or­don­né aux mannequins de pas­ser entre les mains de Josh Wood – le co­lo­riste du show – sous peine de ne pas dé­fi­ler pour la col­lec­tion prin­temps-été 2014. Ré­sul­tat ? Une ar­mée de femmes de pou­voir aux che­veux ul­tra voyants mais ul­tra chics. Tel­le­ment réus­si, en fait, qu’une seule man­ne­quin a de­man­dé à re­ve­nir à sa cou­leur d’ori­gine après le show. Le co­lo­riste an­glais, qui a trans­for­mé les tops, ra­conte : “Le but était de ré­vé­ler l’as­su­rance des filles en leur don­nant un cô­té presque mi­li­tant avec la force d’une cou­leur uni­forme su­per dense et très glos­sy. Nous avons créé des gangs de filles aux che­veux pla­tine, rouges, mar­rons et noirs.” Main­te­nant, à vous de choi­sir votre clan !

TEAM PLA­TINE

Droits d’en­trée Avant de blea­cher, ré­flé­chis­sez ! Vous te­nez à vos lon­gueurs XXL ? Sé­rieu­se­ment, le pla­tine est plus gra­cieux sur che­veux courts. “Pas plus long qu’un car­ré dé­gra­dé aux épaules”, or­donne Sté­phane Pous. D’au­tant que cette sai­son, on ne to­lère plus les fi­nis grun­gy à la Court­ney Love. La ma­tière doit être belle et mi­roi­tante comme sur les cam­pagnes Pra­da. Bonne nou­velle, les bru­nettes aus­si peuvent pos­tu­ler. La preuve, les plus as­si­dus au blond blanc sont les Asia­tiques ! Après, il ne fau­dra pas s’éton­ner de pas­ser sept heures au bac... Cô­té teint, pas de res­tric­tion non plus, à condition d’adap­ter le re­flet. À pas­tel­li­ser ab­so­lu­ment si la peau est pâle, sauf en­vie folle d’un re­make de “La Nuit des morts-vi­vants”.

Ri­tuel d’ini­tia­tion “Le se­cret pour dé­co­lo­rer fa­ci­le­ment et ra­pi­de­ment, c’est d’y al­ler dou­ce­ment, ex­plique

Sté­phane Pous. Quand on bleache à plein volume, le che­veu bloque dé­fi­ni­ti­ve­ment sur le jaune.” Mieux vaut aus­si faire des sé­pa­ra­tions très fines quand on ap­plique la dé­co­lo­ra­tion. Si­non, ceux qui sont au centre de la mèche dé­co­lorent moins, et leur re­flet pous­sin re­jaillit sur l’en­semble de la tête. Presque simple sur une cri­nière na­tu­relle, le bleach est plus tou­chy sur des lon­gueurs dé­jà oxy­dées qu’il faut dé­ma­quiller en amont avec un pro­duit spé­ci­fique du style Dé­co­lo­ril de Garnier. “Si­non, la dé­co­lo­ra­tion ne va prendre que sur les che­veux na­tu­rels, même si la cou­leur date de six mois ou un an”, pré­cise le spé­cia­liste. Touche fi­nale, le co­lo­riste per­fec­tion­niste (le seul qu’on ait en­vie de voir), va frot­ter les ra­cines avec un re­flet cen­dré pour créer une ombre et don­ner du re­lief.

Kit d’en­tre­tien Des ex­traits de la­vande an­ti­pous­sin et des beurres vé­gé­taux pour nour­rir les lon­gueurs af­fai­blies : voi­là comment de­ve­nir le meilleur ami des blondes ! Blonde An­gel.Wash, Ke­vin.

Mur­phy sur birch­box.fr, 24 € (1). Un shot quo­ti­dien d’huiles ré­gé­né­rantes, il faut bien ça lorsque l’on a la blonde am­bi­tion. Brume Su­bli­mante aux Huiles Pré­cieuses,

Ti­mo­tei, 5,99 € (2). Masque obli­ga­toire après chaque sham­poing, mais ul­tra ra­pide avec cette for­mule en spray poids plume. Nu­tri Spray Sous la Douche, Fructis de Garnier, 7 € (3).

CREW DE ROU­QUINES

Droits d’en­trée Une base blonde fon­cée ou châ­tain clair maxi (si­non, c’est pos­sible mais il va fal­loir dé­co­lo­rer avant de rous­sir), et un goût suf­fi­sam­ment sûr pour ne pas prendre un aca­jou rin­gard pour un cui­vré jo­li. Un teint pâle d’Ir­lan­daise est un atout sup­plé­men­taire, mais les co­lo­ristes savent jouer avec les pig­ments pour ar­ran­ger tout le monde, mines oli­vâtres com­prises. Ici en­core, on évite les lon­gueurs Rai­ponce, pos­sibles uni­que­ment sur grand écran ou quand on a un bud­get coif­feur de la taille du PIB du Qa­tar pour les en­tre­te­nir.

Ri­tuel d’ini­tia­tion De loin, le roux a l’air plein, de près on s’aper­çoit que les nuances se mé­langent pour dé­li­vrer ce cui­vré éblouis­sant. Les ra­cines sont plu­tôt cen­drées (si­non ça fait perruque !), les lon­gueurs oran­gées et les pointes qua­si­ment miel. Un fi­ni ren­du pos­sible par des voiles de couleurs su­per­po­sés les uns aux autres. Que les choses soient claires, la mode voit plu­tôt rouge oran­gé, mais si vous avez le teint mat (ou oli­vâtre jus­te­ment), osez la pointe de re­flet froid pour contre­ba­lan­cer. Le dé­tail qui change tout : un sham­poing détox qui mange un peu la cou­leur pour un red moins ru­ti­lant que sur une pho­to de boîte de co­lo­riage (ouf !)

Kit d’en­tre­tien De la brillance, même entre deux sham­poings, grâce à cette

lu­mière li­quide ul­tra light. Brume Brillance Ex­trême au Bam­boo, Al­ter­na chez Se­pho­ra, 22 € (4). Après chaque nou­velle co­lo, net­toyez le trop-plein de pig­ments avec cette for­mule aux plantes qui pu­ri­fie sans dé­ca­per. Sham­pooing Dé­toxi­fiant Phy­to­neutre, Phyto, 12 €(5). À chaque la­vage, cette for­mule scelle la cou­leur et ren­force la fibre avec des acides ami­nés. L’éclat ne bouge pas. Masque Deep At­trac­tion Co­lor Ex­tend Ma­gne­tics, Red­ken, 39,20 € (6).

CO­MI­TÉ NOIR

Droits d’en­trée Avoir des che­veux. Beau­coup de che­veux. Car le noir de jais, sur des che­veux fins, n’existe pas dans la na­ture. Et ce que la na­ture n’a pas créé n’est pas tou­jours très jo­li (exemple par­lant : des seins bon­net 100 E sur une fille de 44 kg). Der­nier dé­tail : le noir a tou­jours l’air plus chif­fon­né sur des che­veux qui fri­sottent. En­traî­nez-vous au bru­shing dès main­te­nant.

Ri­tuel d’ini­tia­tion “Parce que le noir mat go­thique est dé­pas­sé, on dope l’éclat de sa co­lo­ra­tion avec un re­flet bleu de Chine sub­til”, pro­pose Ch­ris­tophe-Ni­co­las Biot, coif­feur et co­lo­riste. Sur­tout si la peau est dia­phane. Plus elle est fon­cée, plus on pré­fère un brun pro­fond lé­gè­re­ment mar­ron­né à la Penélope Cruz, plu­tôt qu’un vrai noir qui dur­cit les traits. En­fin, si les che­veux sont clairs à la base, il fau­dra sans doute re­pig­men­ter les lon­gueurs ré­gu­liè­re­ment car blond + noir = ka­ki.

Kit d’en­tre­tien Un noir laqué, c’est fa­cile avec ce sé­rum lis­sant et pro­tec­teur qui dope la brillance fis­sa. Sé­rum Brillance Fi­ni­tion Par­faite, Frizz Ease de John Frie­da, 12,90 € (7). Ou­blié les lon­gueurs dé­la­vées avec ce shot de cou­leur à in­jec­ter dans son sham­poing pour re­pig­men­ter. Concoc­tion Su­per Sé­rum Beau­ti­ful Bru­nette sur asos.fr, 2,11 € (8). Un pschitt sur les lon­gueurs lisse et pro­tège de la cha­leur du fer. Pro­tect & De­tangle, Beauty Pro­tec­tor, 17 € (9).

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