LA PE­TITE SI­RÈNE FAIT ( EN­CORE) DES VAGUES

POUR­QUOI ARIEL NE BOI­RA PAS LA TASSE DANS L’ADAP­TA­TION QUE PRÉ­PA­RE­RAIT SO­FIA COP­PO­LA.

Be - - TOUT DE SUITE - — AN­DRÉA OTTAVIANI

1. Elle a le vague à l’âme

Si, dans l’ima­gi­naire com­mun, Ariel, la Pe­tite Si­rène est souvent per­çue comme une ado­les­cente tran­sie d’amour et do­tée d’une voix à faire ex­plo­ser l’Au­di­mat des té­lé-cro­chets, la prin­cesse des mers de Hans Ch­ris­tian An­der­sen est net­te­ment plus mys­té­rieuse. Mé­lan­co­lique, so­li­taire, si­len­cieuse, la (vraie) Pe­tite Si­rène se rap­proche fi­na­le­ment beau­coup de l’image d’ado­les­cente per­tur­bée, fil­mée maintes fois par So­fia Cop­po­la.

2. Elle a des as­pi­ra­tions nobles

Con­trai­re­ment à la plu­part des hé­roïnes de contes, Ariel n’est pas seule­ment à la re­cherche sim­pliste du grand amour. Ce qu’elle dé­sire plus que tout, c’est avoir une âme éter­nelle qu’elle ne pour­ra ob­te­nir que si elle par­vient à se faire ai­mer d’un hu­main.

3. C’est une mar­tyre

Et des prin­cesses mar­tyres, on en a ra­re­ment vues dans les his­toires pour en­fants ! Ce que la ver­sion de Dis­ney élude, c’est que la pauvre si­rène se fait vio­lem­ment cou­per la langue par la Sor­cière des Mers et qu’à cha­cun de ses pas, “c’est comme si elle avait mar­ché sur des cou­teaux ai­gui­sés”. Se­lon les cro­quis de l’époque, Walt Dis­ney lui-même n’était d’ailleurs pas contre la sé­quence de l’am­pu­ta­tion, mais l’idée a en­suite été ju­gée trop dure quand les stu­dios ont en­fin réa­li­sé l’adap­ta­tion, en 1989. So­fia s’en sou­vien­dra-t-elle ?

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