LE FILM DU MOIS

MARION CO­TILLARD, EN OU­VRIÈRE FRA­GILE, SE RA­CHÈTE DE SES HOLLYWOODERIES.

Be - - TOUT DE SUITE - — GAËL L E BELLEGO “Deux jours, une nuit”, de J.-P. et L. Dar­denne. Avec Marion Co­tillard, Oli­vier Gour­met. En salles le 21 mai.

C’est l’his­toire d’un porte-à-porte Et d’un compte à re­bours : San­dra a deux jours, une nuit, pour convaincre ses col­lègues ou­vriers de re­non­cer à leur prime, afin de conser­ver son job. Un Eve­rest pour elle, qui doit sur­mon­ter sa dé­pres­sion, cette im­pres­sion odieuse de men­dier, et le di­lemme dans le­quel elle place ceux qu’elle sol­li­cite. Car ses col­lègues, qu’ils gardent ou re­noncent à la prime, ne sont pas “mé­chants”. Ils sont juste cette France d’en bas, smi­carde, en­det­tée, dans la sur­vie so­ciale... Le film est âpre. Loin des cli­chés bo­bos du ci­né­ma fran­çais pan­tou­flard. Et sur­tout, il y a Co­tillard. On la re­dé­couvre ici, dé­ma­quillée, cer­née, chi­gnon dé­coif­fé et sa­coche en ban­dou­lière. Ar­mée du cou­rage de la né­ces­si­té, évan­gé­li­sant sa propre bonne parole, d’es­poirs en dé­cep­tions. Plus que “La Môme”, c’est ce rôle-là, cou­ra­geux, à nu, en prise di­recte avec le monde réel, qui de­vrait lui va­loir un Cé­sar de la meilleure ac­trice.

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