Le coeur­rier de Fio­na Sch­midt

VOUS AVEZ DES QUES­TIONS SUR L’AMOUR AVEC UN GRAND A (OU UN PE­TIT Q) ? FIO­NA SCH­MIDT A LES RÉ­PONSES.

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Cou­cou Fio­na, J’ai 23 ans, et c’est la pre­mière fois que je vis une his­toire d’amour avec un gar­çon sans ca­sier ju­di­ciaire ni pho­to de son ex sur sa table de che­vet. Une “re­la­tion épa­nouie”, c’est comme ça qu’on dit, je crois ? Or, de­puis quelque temps, je me fais dra­guer par l’un de mes col­lègues – une bombe, avec des ab­dos en fer for­gé, un sou­rire plus large que les épaules et de vrais che­veux. Ja­mais un mec aus­si beau ne s’est in­té­res­sé à moi, et je ne sais pas quoi faire : cé­der à la ten­ta­tion, au risque de sa­cri­fier ma re­la­tion, ou ré­sis­ter, et le re­gret­ter toute ma vie ? —Lu­cie

Chère Lu­cie,

Votre cer­veau res­semble à un stand Za­ra le pre­mier soir des soldes, ran­gez-moi ça, voyons ! Vous êtes flat­tée qu’un beau mec vous re­marque et vous avez en­vie d’y goû­ter, quoi de plus na­tu­rel ? Ne comp­tez pas sur moi pour chris­ti­ne­bou­ti­ner que l’adul­tère, c’est mal – après tout, les er­reurs sont humaines, et souvent plus sexy que le droit che­min... à condition de les vivre sans mau­vaise conscience. Or j’ai l’im­pres­sion que “culpa­bi­li­té”, c’est votre deuxième pré­nom, me four­ré-je le doigt ? Mon con­seil : là où il y a de la gêne, il y a plus de re­grets que de plai­sir. —Fio­na

Chère Fio­na,

De­puis peu, mon sexe me com­plexe. Je me trou­vais d’abord trop poi­lue par rap­port à mes copines, qui ont toutes un tri­angle à peine plus grand qu’un bis­cuit apé­ri­tif sous le nom­bril. J’ai donc de­man­dé à mon es­thé­ti­cienne de me re­con­fi­gu­rer le pu­bis, mais je me suis alors ren­du compte que mon sexe était plus fon­cé que ma peau et que mes pe­tites lèvres dé­pas­saient des grandes ! C’est hor­rible, je n’ose plus me désha­biller de­vant mon mec, qui se de­mande ce qui m’arrive – dé­jà qu’il s’est éton­né que j’aie “une mous­tache de dic­ta­teur au­tri­chien sous chimio entre les cuisses”... J’envisage de pas­ser par la chi­rur­gie es­thé­tique pour ve­nir à bout de ce com­plexe, mais le prix de l’opé­ra­tion me fait hé­si­ter. Au­riez-vous des conseils, voire des bons plans ? —Anaïs Chère Anaïs, Poc, poc, font mes bras en tom­bant (j’ai de la mo­quette, ça amor­tit le bruit). Vous êtes plu­sieurs à m’avoir ex­po­sé ce genre de com­plexes – à croire que le pu­bis, c’est les nou­veaux seins. Au risque de pas­ser pour une vieille conne (alors que je suis née l’an­née der­nière), à votre âge, les sen­sa­tions que me pro­cu­rait mon sexe me pré­oc­cu­paient plus que sa tronche. Par ailleurs, il n’y a pas de “nor­ma­li­té” en la ma­tière : il existe au­tant de chattes que de femmes. En­fin, pour mé­moire, un sexe ne res­semble à un abri­cot qu’entre les cuisses de Bar­bie, ou dans l’ima­gi­na­tion en 2D des messieurs qui croient que les vraies femmes, ça mord. Gros bi­sous, par ailleurs. —Fio­na

Hello Fio­na,

Mon Mon­sieur et moi sommes en­semble de­puis deux ans, et nous ne ces­sons de nous dis­pu­ter, puis de nous ré­con­ci­lier en­core plus fort. C’était sym­pa quoique fa­ti­gant, un peu comme un film de Wes An­der­son, jus­qu’à ce que je tombe en­ceinte. Or je n’ai pas en­vie que notre bé­bé gran­disse au mi­lieu de nos hur­le­ments. Que faire ? —Ma­rie-Anne

Chère Ma­rie-Anne, Je me suis po­sé la même ques­tion toute mon en­fance au su­jet de mes pa­rents, qui cé­lé­bre­ront cette an­née leur mil­lion d’en­gueu­lades en même temps que leurs trente-cinq ans de ma­riage. J’ai­me­rais pré­tendre que la com­mu­ni­ca­tion et le temps apaisent les ten­sions, mais je crois sur­tout que cer­tains couples ne fonctionnent que sur le mode fric­tion­nel. Des boules Quiès et beau­coup d’amour pour votre bé­bé : je ne vois que ça. Cou­rage, et fé­li­ci­ta­tions. —Fio­na

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