“Je sur­pre­nais des re­gards, des messes basses”

Kaï­na, 23 ans At­ta­chée de presse

Be - - JOB -

“En 2013, j’ai été nom­mée chef de pro­jet sur un évé­ne­ment. Une mis­sion de sept mois, avec une équipe de huit per­sonnes sous ma res­pon­sa­bi­li­té. À 22 ans, j’étais la plus jeune. J’avais peur de ne pas être cré­dible à cause de mon âge. Mais c’est mon phy­sique qui m’a va­lu des pro­blèmes. Sans être une bombe, je suis grande, j’ai de longs che­veux, des lèvres pul­peuses, un bon 95 B. Au bout de deux mois, je me suis mon­trée, à tort, cas­sante avec un col­la­bo­ra­teur. Aus­si sec, il m’a ré­pon­du : « Ce n’est pas parce que tu plais au client, que tu peux me prendre de haut. » Nous nous sommes ex­pli­qués, il est de­ve­nu mon allié. Le dé­but de l’en­fer. Par lui, j’ai ap­pris ce qui se di­sait sur moi, que j’étais pas­sée sous le bu­reau pour avoir le job. Du­rant les réunions, je sur­pre­nais des re­gards, des messes basses. Je me sen­tais dis­qua­li­fiée. Je me suis confiée à des amies de ma mère, plus âgées, qui avaient connu le même pro­blème. Sur leurs conseils, je me suis su­rin­ves­tie. Je ne me jus­ti­fiais plus par les mots (au dé­but, je rap­pe­lais souvent mes di­plômes, les cinq langues que je parle…), mais par les actes. Et je désen­sua­li­sais to­ta­le­ment mes re­la­tions au bou­lot (vê­te­ments stricts, rap­ports fac­tuels). Ça a payé. Le jour de l’évé­ne­ment, un col­lègue m’a glis­sé : “Fi­na­le­ment, tu étais faite pour le poste.” Dans une autre vie pro, j’ai ren­con­tré un jour le bras droit d’un de mes clients, une jo­lie jeune femme. J’avoue, je me suis dit à mon tour : « Comment est-elle ar­ri­vée là ? ».”

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