CHA­CUN CHERCHE SON STYLE

BLO­GUEUSES ET INSTAGRA-STARS CHANGENT LES RÈGLES DU JEU ET BOU­LE­VERSENT LES TEN­DANCES, QUI SE PÉ­RIMENT PLUS VITE QUE JA­MAIS. SEULE SO­LU­TION : CRÉER SA PROPRE AL­LURE.

Be - - MODE -

La mode se dé­mode, le style ja­mais.” Vous con­nais­sez sû­re­ment ce man­tra my­thique de Gab rielle Cha­nel ? Il n’a ja­mais son­né aus­si juste. Alors que le rythme des col­lec­tions s’ac­cé­lère sans re­lâche (de “pré-coll” en “croi­sière”, de cap­sules en col­lab), ce qui était à la mode de­vient ob­so­lète en quelques se­maines dans les en­seignes de fast fa­shion – qui n’ont ja­mais aus­si bien por­té leur nom. Les dé­fi­lés sont ac­ces­sibles sur le Net en un bat­te­ment de cils. Cha­cun a son avis et le par­tage ins­tan­ta­né­ment sur les ré­seaux so­ciaux. Et si, il n’y a pas si long­temps en­core, on at­ten­dait re­li­gieu­se­ment cette vi­sion des créa­teurs, grands or­don­na­teurs de ten­dances, pour sa­voir que por­ter, qu’ai­mer, que lâ­cher, au­jourd’hui, on est ir­ré­sis­ti­ble­ment at­ti­ré et in­fluen­cé par ce qui se passe tout au­tour des shows : le fa­meux “fa­shion cir­cus”, consti­tué des rédactrices et people des front rows, les blo­gueuses, it girls et autres ins­ta-stars. “C’est la nou­velle force de la rue. Les street looks en­va­hissent Tum­blr et les blogs dif­fusent leurs propres mes­sages de mode”, ana­lyse Bé­né­dicte Fabien, di­rec­trice du mar­ke­ting ou “mar­ke­teuse créa­tive” chez Mar­tine Le­her­peur, agence de con­seil spé­cia­li­sée dans la mode. “Mais si la culture Web nous pousse à glo­ba­li­ser nos en­vies, on sent en­core une en­vie forte de se for­ger une iden­ti­té per­son­nelle”, nuance-t-elle. Les ten­dances de­viennent lil­li­pu­tiennes, scin­dées en au­tant de sous-groupes et de com­mu­nau­tés se­lon les in­ter­pré­ta­tions. Est-ce pour au­tant la fin de LA ten­dance ? “Les gens suivent des marques plus que des ten­dances. Fi­na­le­ment, la cliente cherche de plus en plus d’au­then­ti­ci­té”, lance Jus­tin O’Shea, ache­teur pour my­the­re­sa.com, avant de conclure : “Il ne s’agit plus de re­pro­duire tel look de créa­teur, mais d’ac­qué­rir un bout de son uni­vers.” Face à la fu­ti­li­té d’une mode qui se pé­rime plus vite que son ombre, on cherche l’unique, le chien, la per­son­na­li­té, en un mot : le style. Ce mé­lange de coups de coeur et de gri­gris in­tem­po­rels, de cheap fa­shion et d’in­ves­tis­se­ment très “mode” que l’on glane à droite à gauche au fil d’une vie, ins­pi­ré par une icône sur red car­pet, le mood d’une ex­po­si­tion ou la garde-robe d’une grand-mère. En somme, tout ce qui fait qu’on est nous et pas une autre ! “Les consom­ma­trices d’au­jourd’hui sont très aver­ties et dé­codent pré­ci­sé­ment le monde de la mode, par­ti­cu­liè­re­ment les di­gi­tal boo­mers (les 20/30 ans ac­cros au Web). Elles se construisent leurs propres sil­houettes comme des ré­bus bri­co­lés entre élé­ments de sai­son, his­toire cultu­relle et iden­ti­té propre”, conclut la trend­set­teuse Mar­tine Le­her­peur. Pour celles qui sont en­core per­dues ou sou­haitent va­li­der leurs connaissances, “Be” dé­crypte trois dé­gaines, for­te­ment co­tées ces der­niers temps : le mas­cu­lin/fé­mi­nin, le mix and match et le ré­tro ma­niac. Trois es­prits à re­vi­si­ter au long cours et pas seule­ment cet été. Et ce­la dit, rien ne vous em­pêche fi­na­le­ment de n’en faire qu’à votre tête !

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