Alors, on aime ?

NOS CINQ JU­RÉS ONT LU, VU ET EN­TEN­DU POUR VOUS. ILS LIVRENT LEUR AVIS TRAN­CHÉ.

Be - - ÉDITO -

LAURE LE­FEBVRE a vu “Pa­lo Al­to”, de Gia Cop­po­la (avec James Fran­co et Em­ma Ro­berts). Sor­tie le 11 juin.

La pre­mière scène du film ? Sur un par­king vide, Ted­dy et Fred, deux ado­les­cents, sont dans une voi­ture en train de boire de l’al­cool et de fu­mer des joints. Ra­con­tez-nous l’his­toire sans trop en dire... Le film re­late les pé­ri­pé­ties et l’évo­lu­tion d’un groupe d’ado­les­cents vi­vant dans la ban­lieue chic de Pa­lo Al­to, en Ca­li­for­nie. Per­dus, ils testent leurs li­mites et cherchent leur place dans le monde.

La scène qui vous a mar­quée ? Le mo­ment où l’on se rend compte qu’April a une liai­son avec son en­traî­neur de foot, ce qui, à mes yeux, est im­pro­bable en France. Une bonne rai­son d’al­ler voir ce film ? Pour se rendre compte de ce que les ado­les­cents peuvent tra­ver­ser. Ce film se rap­proche vrai­ment de la réa­li­té dans la plu­part des scènes.

Avec qui iriez-vous le voir ?

Avec mes pa­rents.

Note at­tri­buée ? B. J’ai beau­coup ai­mé, mais je trouve que c’est un peu trop dark.

Laure Le­febvre, ly­céenne.

EM­MA­NUELLE LAL­LE­MENT a lu “Vi­sion de Bar­bès”, de Jeanne La­brune (éd. Gras­set).

La pre­mière ligne du livre ? “Je su­bis une opé­ra­tion den­taire as­sez lourde... Ma gen­cive est un rô­ti fi­ce­lé.”

Ra­con­tez-nous l’his­toire... Une femme in­ti­me­ment en lien avec son quar­tier pa­ri­sien de Bar­bès donne à voir ce que d’or­di­naire nous ne voyons pas : la réa­li­té quo­ti­dienne d’un quar­tier po­pu­laire, ses ha­bi­tants, ses pau­més, ses mi­cro-évé­ne­ments. Sans ja­mais ver­ser dans l’exo­tisme béat, ni dans un mi­sé­ra­bi­lisme bien pen­sant, en­core moins dans la nos­tal­gie d’un Pa­ris d’an­tan, Jeanne La­brune nous em­barque dans ses vi­sions ci­né­ma­to­gra­phiques. Com­bien de temps avez-vous mis pour le lire ? Le temps de quelques tra­jets sur la ligne 2 du mé­tro, celle qui per­met de voir Bar­bès en hau­teur.

Une bonne rai­son de le lire ?

Pour po­ser un autre re­gard sur sa ville.

À qui l’of­fri­riez-vous ? À l’as­so­cia­tion Pa­ris-Louxor qui sou­tient le ci­né­ma Le Louxor à Bar­bès en or­ga­ni­sant des ex­pos, des apé­ros ren­contres, des vi­sites. Bar­bès est le lieu idéal de l’ac­tion par­ti­ci­pa­tive.

Note at­tri­buée Étant prof, je vis dans les notes, j’ai­me­rais en sor­tir pour la lit­té­ra­ture ! Em­ma­nuelle Lal­le­ment, eth­no­logue et au­teure de “La Ville mar­chande : en­quête à Bar­bès” (éd. Té­ra­èdre).

CHAR­LOTTE PLAN­CHETTE a lu “Fixer le ciel au mur”, de Tie­ri Briet (éd. Rouergue).

La “Dans pre­mière la voi­ture ligne dé­but du livre ? août, sur l’au­to­route qui va d’Arles jus­qu’à Nîmes.” Ra­con­tez-nous l’his­toire sans trop en dire... Un père sé­pa­ré de sa fille, soi­gnée pour ano­rexie, lui écrit une longue lettre.

La phrase qui vous a mar­quée ? Chaque phrase est inattendue, ci­se­lée, et souvent mor­ce­lée : “Le mal pren­dra le ventre des femmes comme nou­veau théâtre [...] Dans le ventre ab­so­lu des jeunes filles, entre en­fance et ado­les­cence. Dans l’écoeu­re­ment mor­tel des nour­ri­tures.”

Une bonne rai­son de le lire ? Cette lettre est une ode à la vie, à l’amour et à la poé­sie des mots. Tie­ri Briet tire du lan­gage son es­sence la plus lu­mi­neuse pour of­frir à sa fille les moyens de gué­rir. C’est tou­chant, mais sur­tout ma­gni­fi­que­ment écrit.

À qui l’of­fri­riez-vous ? À qui ne s’ef­fraie pas d’une langue ima­gée et d’une vi­sion aty­pique de la vie.

Note at­tri­buée ? Un A : le A de l’Af­fec­tion, le A de l’Ave­nir, le A du triomphe de l’Art sur la ma­la­die. Char­lotte Plan­chette, bé­né­vole au sein de l’as­so­cia­tion En­fine (aides et in­for­ma­tions pour les per­sonnes souf­frant de troubles du com­por­te­ment ali­men­taire). en­fine.com

MA­THIEU RO­SENZ­WEIG a écou­té “To­wards”, de We Were Ever­green (Be­cause).

Vos pre­mières im­pres­sions ? “To­wards” fait par­tie des al­bums où, dès le deuxième mor­ceau, on sait que l’on va l’écou­ter en in­té­gra­li­té. Les mé­lo­dies et la mu­sique sont très abor­dables. L’in­tro an­nonce le style de l’album : doux et gai à la fois.

Vos titres pré­fé­rés ? “Quick­sand”, parce que le re­frain est très ef­fi­cace, le mor­ceau a un vé­ri­table fee­ling. “Gol­den Fire”, car il a un pe­tit cô­té Beatles sur le cou­plet. “Eggs” est amu­sant, en­traî­nant, et le riff est vrai­ment sym­pa. “Eigh­teen” est jo­li, les pe­tites chan­sons simples et folk fonctionnent tou­jours.

Ceux que vous ai­mez le moins ? “False Start” et “Daugh­ters” car ils manquent un peu d’ori­gi­na­li­té. La ligne de chant n’est pas très riche et donne l’im­pres­sion d’être mo­no­corde. Dans quelles cir­cons­tances écou­te­riez-vous ce disque ? L’été, sur la route en dé­ca­po­table. C’est sû­re­ment le cô­té en­so­leillé et un peu nos­tal­gique de l’en­semble de l’album. Il donne en­vie de par­tir en lais­sant pas mal de choses der­rière.

À qui l’of­fri­riez-vous ?

À ma plus jeune soeur.

Note at­tri­buée ? B. Un peu mo­no­tone, c’est pour­tant un bon album qui s’écoute vo­lon­tiers. Ma­thieu Ro­senz­weig, du groupe Chi­noi. Nouvel EP dis­po­nible en sep­tembre.

NO­RA HAM­DI a lu “L’Arabe du fu­tur”, de Riad Sat­touf (éd. Al­la­ry).

La pre­mière scène de la BD ? Ryad, moi­tié bre­ton et moi­tié sy­rien, est un bé­bé blond que tous adorent et vé­nèrent. Ra­con­tez-nous l’his­toire sans trop en dire... L’en­fance d’un pe­tit gar­çon qui vit entre la Sy­rie et la France, l’his­toire de pa­rents qui s’aiment mal­gré tout, et le re­gard ad­mi­ra­tif d’un en­fant sur son père, très tou­chant, qui s’ac­croche à ses ori­gines mal­gré la du­re­té de son peuple, et qui garde tou­jours l’es­poir d’un chan­ge­ment fu­tur. Com­bien de temps avez-vous mis pour le lire ?

Une ma­ti­née.

Le pas­sage qui vous a mar­quée ? Quand la fa­mille va faire des courses à Homs et qu’elle dé­couvre les pen­dai­sons pu­bliques dans la plus grande in­dif­fé­rence des gens.

Une bonne rai­son de le lire ?

Pour rire beau­coup, quand même.

À qui l’of­fri­riez-vous ? À ceux qui veulent com­prendre la com­plexi­té du monde arabe, sans ju­ge­ment.

Note at­tri­buée ?

A. C’est une belle sur­prise. No­ra Ham­di, réa­li­sa­trice et au­teure de “La Maquisarde” (éd. Gras­set).

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