L’eldorado tiki

UNE EX­PO­SI­TION AU QUAI BRAN­LY FAIT RE­VIVRE LA CULTURE TIKI, QUI MIXE L’ES­THÉ­TIQUE HAWAIIENNE ET L’AMÉ­RIQUE DES 50s.

Be - - ÉDITO - — VIO­LAINE SCHÜTZ

Les ha­bi­tués des bars Dirty Dick et Tiki Lounge à Pa­ris le savent : la culture tiki est un pe­tit pa­ra­dis. Va­hi­nés, cock­tails de fruits, fleurs co­lo­rées et uku­lé­lé : c’est l’exo­tisme de la Po­ly­né­sie fan­tas­mé par l’Amé­rique du XXe siècle qui fas­cine en­core. Tout com­mence lorsque les ex­plo­ra­teurs ont dé­cou­vert les îles de l’océan Pacifique au XXVIe siècle. Gau­guin a een­suite contri­bué au culte dde ces lieux en­chan­teurs. AAu mi­lieu du XXe siècle, lla pop culture, ins­pi­rée ppar les sculp­tures pri­mi­tives des îles océa­niques ap­pe­lées Tiki, s’est prise de pas­sion pour le cadre de vie rê­vé des mers du Sud. À par­tir des an­nées 30, le style tiki com­mence à in­fluen­cer l’architecture, la mode et le li­fe­style de la classe moyenne amé­ri­caine, qui s’ima­gine en va­hi­né lé­gère. Des fi­gures comme Bet­tie Page ou El­vis surfent sur la vague dans les 50s. La sé­lec­tion de plus de quatre cents ob­jets, pho­tos, films, mu­siques, ex­po­sée au quai Bran­ly, nous ra­mène aux ori­gines de cette chi­mère, de son cli­max dans les 50s-60s à son ou­bli dans les 80s. Mais le tiki re­de­vient de­puis peu à la mode aux États-Unis (no­tam­ment dans un épi­sode de “Mad Men”) et en Eu­rope avec l’ou­ver­ture de bars à l’image de ce pa­ra­dis per­du.

Mar­lon Bran­do dans “Les Ré­vol­tés du Boun­ty”

(1962), avec la Ta­hi­tienne Ta­ri­ta, qui lui don­ne­ra deux en­fants.

“Tiki Pop, l’Amé­rique rêve son pa­ra­dis po­ly­né­sien”. Musée du quai Bran­ly, Pa­ris 7. Du 27 juin au 28 sep­tembre. quai­bran­ly.fr

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