Les 400 coups : Ke­ziah Jones

DANS SON DER­NIER ALBUM, “CAP­TAIN RUG­GED” (BE­CAUSE MU­SIC), IL CAMPE UN SU­PER­MAN MO­DERNE. KE­ZIAH JONES SIGNE DÉ­SOR­MAIS UNE COL­LEC­TION POUR LA MARQUE LOFT*. CHIC COMME LUI.

Be - - ÉDITO - — PRO­POS RE­CUEILLIS PAR KA­TELL POULIQUEN *Dans les bou­tiques Loft De­si­gn By. loft­de­si­gn­by.com

Ke­ziah Jones est ren­tré chez lui, à La­gos, dans ce Ni­ge­ria han­té par son idole Fe­la, in­ven­teur de l’afro-beat, et y a ima­gi­né son der­nier opus, fié­vreux et en­ga­gé. En y évo­quant une Afrique jeune, ur­baine, il veut cor­ri­ger les idées fausses que les gens nour­rissent à pro­pos de ce conti­nent : “L’Afrique et l’Oc­ci­dent se rap­prochent inexo­ra­ble­ment : nous par­ta­geons de plus en plus la même culture.” Sa mu­sique en té­moigne, à la croi­sée de l’élec­tro, du funk, de l’afro-punk et du rock. Der­nier coup de chance ? Ces der­niers mois, je me suis sen­ti très ver­ni, je me le dis tous les ma­tins ! De­puis la sor­tie de mon album, je voyage, je joue quand je veux, je bouge beau­coup au Ni­ge­ria, où je re­trouve de vieilles connaissances... Der­nier coup de blues ? Je suis d’hu­meur as­sez chan­geante, j’ai des émo­tions fluc­tuantes, très hautes, plus dark. Ce n’est pas désa­gréable. Der­nier coup du sort ? Je suis d’un tem­pé­ra­ment confiant, donc j’ac­cepte les choses avec phi­lo­so­phie. Je suis is­su d’un père athée (dont la fa­mille était mu­sul­mane) et d’une mère chré­tienne très ver­sée dans les croyances tra­di­tion­nelles. Moi, je suis zen boud­dhiste, fé­ru de mé­di­ta­tion et de yo­ga. J’en fais sur mon vé­lo, en mar­chant, et même quand je vole dans les airs avec mon al­ter ego Cap­tain Rug­ged !

Der­nier coup d’éclat ?

Mon look sur scène ! Je fais at­ten­tion à ce que je porte, à tel point qu’on m’a souvent qua­li­fié de dan­dy, ce que je ne pense pas être. En concert, je me trans­forme en su­per­hé­ros avec une cape en ankara (étoffe ba­rio­lée made in Ni­ge­ria) fa­bri­quée par Lau­rence Air­line. Mais au quo­ti­dien, je suis plus ca­sual, hoo­die, jean, fou­lard, le style des vê­te­ments que j’ai conçus avec Loft.

Der­nier coup de four­chette ?

Je suis vé­gé­ta­rien et, quand je suis chez moi, j’adore cui­si­ner, je pré­pare des lé­gumes, des spé­cia­li­tés ja­po­naises. C’est mon truc, ça me dé­tend.

Der­nier coup de coeur ?

Gentle Giant, du rock pro­gres­sif bri­tan­nique. Et les fran­çais de Mag­ma. Ils tournent sur mon iPod, avec Franck Zap­pa et John Col­trane.

Der­nier coup de gé­nie ?

Être re­tour­né m’ins­tal­ler à La­gos. J’y ai re­trou­vé mes marques très vite alors que j’avais pas­sé vingt ans en Eu­rope. J’ai créé un studio pour pro­duire la jeune scène lo­cale, et contri­buer à faire en­trer l’Afrique sur la pho­to.

Der­nier coup de gueule ?

Contre moi-même. J’ai per­du mon cha­peau ché­ri, dans un train. C’était ce­lui de mon père.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.