Ques­tions in­ter­dites

SEXE, SAN­TÉ, TRAVAIL, AMI­TIÉ, LO­GE­MENT, FA­MILLE... IL Y A DES SU­JETS QUE VOUS N’OSEZ PAS ABOR­DER. ICI, AU­CUN N’EST TA­BOU. NOS EX­PERTS VOUS RÉ­PONDENT.

Be - - ÉDITO -

Mon co­pain est un cou­reur de­puis tou­jours et je ne m’y fais pas. Est-ce que j’ai une chance de le ra­me­ner à moi seule ? Et comment ?

Shé­hé­ra­zade fut seule avec le sul­tan, pen­dant mille et une nuits, et pro­ba­ble­ment da­van­tage. Elle réus­sit à le pas­sion­ner, mais sur­tout à le li­bé­rer de la né­ces­si­té “d’une femme par nuit – une morte par ma­tin”. Elle le ra­me­na à lui-même, à ses dé­si­rs pro­fonds, au dé­sir de rê­ver, au dé­sir d’ima­gi­naire, au dé­sir d’his­toires... C’est peut-être là le noeud du pro­blème : les hommes ont en­vie d’être dans le dé­sir. Leur at­ti­rance pour leur femme passe par une en­vie plus glo­bale. La vi­ta­li­té de l’ap­pé­tit sexuel va de pair avec tous les plai­sirs de la vie. Le fait que votre homme soit un cou­reur, et sé­duise d’autres femmes, ne vous en­lève rien. Mieux, il main­tient son dé­sir, y com­pris pour vous. Ré­flé­chis­sez à qui il est vrai­ment, à ce que vous pou­vez lui ap­por­ter d’ex­cep­tion­nel. Pre­nez confiance, et soyez suf­fi­sam­ment sûre de vous pour réa­li­ser que vous pou­vez lui don­ner des choses uniques. Si vous n’êtes pas se­reine, à vous de trou­ver des ma­nières, re­la­tion­nelles ou sexuelles, de main­te­nir vi­vante son en­vie à votre égard. Vous crée­rez alors avec lui une re­la­tion ex­cep­tion­nelle – et le be­soin de le ra­me­ner à vous seule s’at­té­nue­ra, voire s’éva­noui­ra – puisque vous par­ta­ge­rez des liens uniques. Ne cher­chez pas à l’at­ta­cher, mais plu­tôt à lui don­ner... Vous ob­tien­drez un dé­sir du­rable en te­nant votre co­pain par le dé­sir pré­ci­sé­ment, et non par les chaînes. À vou­loir l’ex­clu­si­vi­té, vous ris­quez de l’en­fer­mer dans une re­la­tion qui ne per­met par le dé­sir – y com­pris pour vous. Doc­teure Bar­ba­ra Pol­la, au­teure de “Tout à fait homme” (éd. Odile Ja­cob).

J’ai­me­rais ap­prendre à me dé­ta­cher des choses et à éli­mi­ner ce qui en­combre mon ap­part. Par où com­men­cer ?

Votre fa­çon de po­ser le pro­blème laisse à pen­ser que la tâche a au­tant à voir avec l’in­time que le pra­tique. Ache­tez un car­net dans le­quel vous for­mu­le­rez tout, noir sur blanc : l’appartement idéal, les moyens d’y par­ve­nir et un ré­tro­plan­ning avec un pro­gramme et une deadline. Pour ne pas se lais­ser dé­bor­der, il faut pro­cé­der par étapes. Ça n’a l’air de rien, mais ré­amé­na­ger son es­pace peut re­muer beau­coup de sen­ti­ments. Vous al­lez pou­voir vous de­man­der ce que vous ai­mez vrai­ment par­mi vos af­faires. Que trou­vez-vous en­core beau ? Qu’est-ce qui a de la va­leur ? N’hé­si­tez pas à de­man­der l’aide d’une amie pour avoir un oeil ex­té­rieur du­rant la phase de triage. Dé­li­mi­tez aus­si dans votre lo­ge­ment un es­pace dé­dié au ran­ge­ment, ain­si vous ne se­rez pas per­due et les pro­grès res­te­ront vi­sibles. Si cer­tains ob­jets vous en­combrent, mais qu’ils re­gorgent de sou­ve­nirs forts, vous pou­vez aus­si les pho­to­gra­phier et faire un album. Vous ne les au­rez plus sous les yeux, mais vous pour­rez tou­jours en pro­fi­ter. Il y a un autre exer­cice que je conseille à mes clients en coa­ching : lâ­cher pour avoir. Il suf­fit de tra­cer deux co­lonnes et de noter les choses que vous de­vez lâ­cher et celles que vous pour­riez avoir en échange. Ce­la per­met d’évi­ter le sen­ti­ment de perte. Vous ne ré­cu­pé­re­rez pas seule­ment de l’ordre dans votre lo­ge­ment, mais aus­si de l’es­pace dans votre tête, et de l’éner­gie. Votre appartement est une ex­ten­sion de votre propre état in­té­rieur. Si vous êtes en pé­riode de tran­si­tion, c’est une bonne oc­ca­sion pour dé­fi­nir des prio­ri­tés, aban­don­ner des peurs et pro­vo­quer des évé­ne­ments po­si­tifs.

Diane Rot­cage, coach à Pa­ris. dia­ne­rot­cage-coach.com

À force d’his­toires pour­ries, je n’arrive plus à dire “je t’aime”. Je suis avec mon mec de­puis neuf mois, il com­mence à s’im­pa­tien­ter. Comment gué­rir ?

On sent que vous avez beau­coup souf­fert et que vous n’avez pro­ba­ble­ment pas trou­vé le res­pect qui au­rait dû vous être ac­cor­dé. Peut-être avez-vous don­né beau­coup d’amour sans en ob­te­nir suf­fi­sam­ment en re­tour ? Si vous avez fait part de vos sen­ti­ments et qu’ils ont été mal ac­cueillis, ce­la a dû mal se fi­nir. C’est pour ce­la que vous vous trou­vez frei­née dans vos élans ac­tuels, même si vous êtes au­jourd’hui avec quel­qu’un qui est plus de­man­deur. Pour pro­té­ger votre re­la­tion, vous de­vriez expliquer vos désar­rois pas­sés à votre par­te­naire afin qu’il com­prenne vos blo­cages. Pour l’ins­tant, vous ne pou­vez pas dire “je t’aime”, mais vous ma­ni­fes­tez pro­ba­ble­ment votre amour au­tre­ment, par des at­ten­tions ou une forme de pro­messe : “Je tiens à toi.” Si vous par­ta­gez votre vé­cu, votre ami com­pren­dra et sau­ra pa­tien­ter. Vous ex­pri­mez votre be­soin de gué­rir, vous n’êtes donc pas bla­sée. Il s’agit seule­ment d’une ques­tion de temps. Votre com­pa­gnon doit ac­cep­ter de vous ras­su­rer et de s’in­ves­tir à vos cô­tés. Ce­pen­dant, si au bout de quelques mois d’ef­forts dans ce sens vous ne voyez pas d’amé­lio­ra­tion, n’hé­si­tez pas à vous faire ac­com­pa­gner par un psy­cho­logue pour une courte thé­ra­pie. Sa­ve­rio To­ma­sel­la, psy­cha­na­lyste et au­teure des “Amours im­pos­sibles” (éd. Ey­rolles).

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