YUM

LE YOUNG UR­BAN MALE EST LA VER­SION EN­RI­CHIE DU MÉ­TRO­SEXUEL. YUM­MY !

Be - - TOUT DE SUITE - — FIO­NA SCH­MIDT

Il y a vingt ans, les hommes dé­cou­vraient qu’ils pou­vaient ai­mer les femmes, et por­ter les mêmes jeans qu’elles. Ces Ch­ris­tophe Co­lomb du contour de l’oeil avaient un nom (les mé­tro­sexuels), deux mes­sies an­glais (Da­vid Beck­ham et Jude Law) et des signes de re­con­nais­sance, un peu comme les Tem­pliers, l’ef­fet ba­layage cen­dré en plus. Dé­sor­mais vin­tage, le mé­tro­sexuel a cé­dé sa cou­ronne, que dis-je, son headband, au YUM, ce “jeune male ur­bain” dé­si­gné pour la pre­mière fois comme tel par la banque HSBC (sic) dans un rap­port sur les ha­bi­tudes de consom­ma­tion du luxe des hommes de 20-30 ans, en pleine ex­pan­sion. Né en même temps que son cou­sin de pro­vince le norm­core, le YUM est un mix de beauf et de dan­dy, ca­pable de pas­ser deux heures à brailler de­vant un match de foot, la main cris­pée sur une bou­teille de bière d’ab­baye de­si­gnée par Ora Ito. Aus­si con­tra­dic­toire que son an­cêtre le mé­tro­sexuel, le YUM fait du Pi­lates et porte les boucles d’oreilles de sa grand-mère, tout en ba­lan­çant de la tes­to­sté­rone fa­çon ar­ro­sage au­to­ma­tique. Voi­là pour la théo­rie. Pour la pra­tique, re­gar­dez Ja­red Le­to, Phar­rell Williams ou Adam Dri­ver de “Girls”. Mais à la dif­fé­rence de ses pré­dé­ces­seurs, qui re­ven­di­quaient leur part fé­mi­nine, le YUM as­sume dé­sor­mais sa part vi­rile. Qui se­ra la Si­mone de Beauvoir du YUMi­nisme ? Ré­ponse dans un pro­chain acro­nyme.

Ja­red Le­to

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