“Un re­gard amu­sé, lé­ger et libre”

Ca­mille Em­ma­nuelle, blo­gueuse et au­teure de “Pa­ris­couche-toi-là”*

Be - - PHÉNOMÈNE - *Éd. Pa­ri­gramme. cest­ca­mille.fr

Votre dé­fi­ni­tion de l’éro­tisme ? C’est l’art de l’éveil au dé­sir, un sub­til équi­libre entre le voi­lé et le dé­voi­lé. Il est aus­si bien dans une pho­to de Roy Stuart, dans un ro­man por­no de Ma­ri­lyn Jay Le­wis que dans un show new-bur­lesque de Louise de Ville. Tout ce qui nour­rit notre ima­gi­naire. C’est aus­si un jo­li terme, qu’il s’agit de re­mettre au goût du

jour sans conno­ta­tion prude.

Comment en par­ler dif­fé­rem­ment ?

Il faut d’évi­ter deux écueils : le dis­cours mo­ra­li­sa­teur et le dis­cours

culpa­bi­li­sant. Entre les deux, je pri­vi­lé­gie un re­gard amu­sé, lé­ger

et libre. Ne ja­mais don­ner de re­cettes, mais dire qu’il existe plein

de mer­veilleux in­gré­dients... Quelle est votre pre­mière ren­contre avec l’éro­tisme ? Une BD qui traî­nait dans la bi­blio­thèque de mes pa­rents : “Le Dé­clic”, de Manara. J’avais 12 ans et l’im­pres­sion de lire quelque chose d’in­ter­dit, de sul­fu­reux, mais une belle ode au plai­sir fé­mi­nin. Qu’en pensent vos pa­rents et vos

proches ? Ce qui sur­prend par­fois les gens, c’est qu’on peut écrire sur le su­jet sans être soi-même la reine des pra­tiques ex­trêmes. Un chro­ni­queur spor­tif n’est pas for­cé­ment un ma­ra­tho­nien ! Plus cool : quand ta grand-mère te ra­conte sa vie de femme, dans les an­nées 60, avec ses

frus­tra­tions et ses dé­si­rs. C’est pas­sion­nant. Si je ne tra­vaillais pas sur l’éro­tisme, elle ne m’au­rait ja­mais ra­con­té tout ça. Moins cool : quand

ton ban­quier te dit : “J’ai lu vos chro­niques”, avec un pe­tit sou­rire. Ou quand mon père, qui m’en parle très peu, se de­mande quel est le lien avec les études qu’il m’a ai­dé à fi­nan­cer (sciences-po en l’oc­cur­rence) !

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