“Quand Ka­tri­na a frap­pé, la mu­sique s’est tue à Nola”

Char­maine Ne­ville, chan­teuse de jazz

Be - - REPORTAGE -

“Un jour, la mu­sique s’est tue à La Nou­velle-Or­léans. C’est quand l’ou­ra­gan Ka­tri­na a frap­pé. Il n’y avait plus une note dans la ville, mon coeur s’est bri­sé. On en­ten­dait seule­ment le bip-bip des alarmes de voi­tures.” Is­sue de l’une des plus grandes fa­milles de mu­si­ciens de la ville, les Ne­ville, Char­maine a su se faire un pré­nom dans une li­gnée d’ar­tistes mas­cu­lins et ga­gner une place sin­gu­lière dans le coeur des Néo-Or­léa­nais. Tous les lun­dis au Snug Har­bor, Char­maine agite en ca­dence ses di­zaines de bra­ce­lets d’ar­gent dans ses concerts mi-stand-up, mi-blues. L’ou­ra­gan a em­por­té son grenier et, avec lui, tous ses cos­tumes d’In­dian Queen. Il l’a pous­sée à se ré­fu­gier avec des mil­liers d’autres dans le Su­per­dome. Comme beau­coup de femmes, elle y a su­bi un viol et a choi­si, “pour celles qui n’y ont pas sur­vé­cu”, de le crier haut et fort. “Cet homme a cru me prendre quelque chose, mais c’est faux. Je lui ai par­don­né, mais je me bats contre lui et ses sem­blables qui sont tou­jours là pour dire aux femmes de res­ter à leur place.”

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