AU­RÉ­LIE DORARD

36 ans, cé­ra­miste

Be - - TÉMOIGNAGE -

Qu’est-ce qui vous plaît dans la cé­ra­mique ? La ri­chesse de la dis­ci­pline. Je passe du mo­de­lage de la terre à la sculp­ture, quand l’ob­jet com­mence à sé­cher et qu’il faut le re­tailler, puis à la chi­mie quand il faut pré­voir les in­ter­ac­tions des ma­té­riaux ou leur ré­ac­tion à telle ou telle tem­pé­ra­ture. J’aime aus­si le contact sen­suel avec la terre. Et c’est presque surnaturel de trans­for­mer une ma­tière an­ces­trale en ob­jet très contem­po­rain. En quoi par exemple ? Une cou­pelle avec des pattes de monstre ou des masques d’ani­maux en por­ce­laine. J’adore le ren­du trans­lu­cide de cette terre. Avant, j’étais gra­phiste et j’avais mon­té une li­brai­rie spé­cia­li­sée, j’étais donc dé­jà dans un uni­vers créa­tif, mais sans l’as­pect ma­nuel qui me fai­sait rê­ver de­puis tou­jours. J’ai débuté la cé­ra­mique comme un loi­sir. Ça m’a tel­le­ment plu que j’ai dé­ci­dé d’en faire mon mé­tier, et je me suis for­mée en un an. Comment a ré­agi

votre en­tou­rage ? Bien, il y a un re­gard plus po­si­tif sur l’ar­ti­sa­nat, même si cer­tains me de­mandent quel est mon vrai mé­tier... La cé­ra­mique est en plein re­nou­veau créa­tif, comme dans les pays nor­diques ou à New York, où toutes les bou­tiques de vê­te­ments ont leur cor­ner vais­selle. Au Ja­pon aus­si, où un bol n’est pas un simple bol, il y a toute une ré­flexion sur le plein, le vide... La cé­ra­mique, c’est aus­si ap­prendre à avoir un re­gard moins for­ma­té sur des ob­jets qui ne se­ront pas par­faits. au­re­lie­do­rard.com

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