SI­MON CECCALDI

31 ans, cou­te­lier

Be - - TÉMOIGNAGE -

Quelle ré­ac­tion sus­cite ton mé­tier ? De l’éton­ne­ment. Pour beau­coup, c’est un mé­tier désuet. Pour­tant, même si tout le monde ne pos­sède pas de cou­teau, on s’en sert tous les jours. Et c’est un mé­tier contem­po­rain : je des­sine mes cou­teaux sur un or­di...

Du nu­mé­rique, sa­cri­lège pour un ar­ti­san, non ? Non. Je ne cultive pas le cô­té pas­séiste. Ce qui m’in­té­resse, c’est d’adap­ter un mé­tier d’an­tan à l’air du temps, qu’il s’agisse du de­si­gn ou des ou­tils. J’aime le re­mettre en ques­tion tout en conser­vant ce cô­té fait main du bois ou du mé­tal. Je suis pas­sion­né par la pos­si­bi­li­té de ra­con­ter des choses avec un ob­jet per­çu comme of­fen­sif. Lit­té­ra­ture, ci­né­ma, pein­ture, je suis cu­rieux de tout pour nour­rir des idées qui pro­duisent ces cou­teaux que j’ai ima­gi­nés de A à Z. D’où vient votre sa­voir-faire ? Mon père fa­brique des cou­teaux en Corse de­puis plus de trente-six ans. J’ai tou­jours vou­lu mar­cher dans ses pas, mais ma fa­mille pré­fé­rait que je suive d’abord un cur­sus gé­né­ral. J’étais sûr de moi, et je les ai con­vain­cus. Je me suis d’abord for­mé au­près de mon père, puis d’autres Corses, et en­fin dans la ré­gion de Tiers, la ca­pi­tale du genre. De­puis 2006, je tiens notre ate­lier-bou­tique pa­ri­sien où je vois ra­jeu­nir la clien­tèle. Il y a un re­tour au sens et à la va­leur, les gens ont en­vie de pos­sé­der des ob­jets qui ont une his­toire, et ne sont pas je­tables. cou­teaux-ceccaldi.com

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