NA­DIA AZOUG

38 ans, joaillière, fon­da­trice de Mon­sieur

Be - - TÉMOIGNAGE -

Qui est ce Mon­sieur ? C’est la bi­jou­te­rie-ate­lier que j’ai ou­verte il y a quatre ans. Toutes les pièces sont fa­bri­quées par des femmes qui of­fi­cient au sein de la bou­tique. C’était im­por­tant de mon­trer leur travail, ce­la crée un échange pri­vi­lé­gié avec le client, et un autre rap­port au temps : le travail ma­nuel re­met l’at­tente, le dé­sir et la ré­flexion au centre du jeu. Sur­tout pour moi qui vi­vais à cent à l’heure : j’étais pa­tronne d’un bar. Comment passe-t-on du comp­toir

aux bagues ? Un de mes clients était joaillier, et j’ai cra­qué pour ce mé­tier ma­gique. On part d’un ma­té­riau, on le mar­tèle, on le brûle ou on l’oxyde, et ça de­vient une mer­veille. Même s’il m’a pris pour une folle vu la concur­rence, ce client, de­ve­nu un ami, m’a for­mée pen­dant plu­sieurs mois. C’est aus­si ce que j’aime dans ces mé­tiers : il est ques­tion de trans­mis­sion et de par­tage plus que de com­pé­ti­tion. C’est ce qui ex­pli­que­rait leur grand

re­tour ? Oui, mais c’est aus­si lié à une nou­velle fa­çon de con­som­mer : on veut sa­voir d’où pro­viennent les choses, comment elles sont fa­bri­quées et par qui. À mon époque, les mé­tiers ma­nuels étaient dé­pré­ciés, alors j’ai fait des études de so­cio et même un peu de re­cru­te­ment... Le mé­tier de bi­jou­tier est au­jourd’hui sur­tout pra­ti­qué par des sexa­gé­naires, mais on constate un sa­cré re­nou­vel­le­ment. Même ma ban­quière a été plu­tôt fa­cile à convaincre ! mon­sieur-pa­ris.com

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