UN ÉTÉ OKLM

Be - - ÉDITO -

“Be” en­ri­chit sa ver­sion pa­pier avec des conte­nus in­édits sur smart­phone. Té­lé­char­gez l’ap­pli Be. Lan­cez-la et ac­ti­vez la fonc­tion BE> LIVE. Vi­sez les pages du ma­ga­zine af­fi­chant ce lo­go et scannez-les. Les conte­nus sup­plé­men­taires dé­marrent aus­si­tôt.

“OKLM” – pro­no­pro­non­cer au calme – est le der­nier opus de Boo­ba. Non pas que j’af­fec­tionne par­ti­cu­liè­re­ment la mu­sique du rap­peur, mais je trouve que son titre re­flète bien le mood du mo­ment. Boo­ba, 4 mil­lions de fans sur Fa­ce­book, 1,5 mil­lion sur Twit­ter, 400 mil­lions de vues pour ses clips sur In­ter­net, et un chiffre d’af­faires de 10 mil­lions d’eu­ros an­nuel pour Ün­kut, sa marque de street­wear. De Bou­logne-Billancourt à Mia­mi, une suc­cess sto­ry à l’amé­ri­caine me­née à l’ins­tinct. Pour ce nu­mé­ro es­ti­val, et à l’oc­ca­sion de la sor­tie de son pre­mier par­fum*, j’ai donc vou­lu in­ter­vie­wer Boo­ba. Tol­lé à la ré­dac­tion. Mal­gré sa peau ca­ra­mel, ses airs de cha­ton, son mètre 92 et ses 102 ki­los de muscles, Boo­ba ne fait pas l’una­ni­mi­té. Ses rimes crues choquent. L’image dé­gra­dante de la femme vé­hi­cu­lée dans ses clips agresse. Boo­ba, un non-sens dans “Be” ? Ce se­rait ré­duc­teur. Mau­vais gar­çon ta­toué qui vend du rêve, même sale, le rap­peur nous parle du monde violent dans le­quel nous vi­vons et nous le montre, sans filtre. Pour l’anec­dote, la rédactrice la plus vi­ru­lente à son en­contre a bap­ti­sé son bé­bé chat Boo­ba à l’is­sue de la dis­cus­sion. Le lien ? Le cô­té vénère et le coup de griffe fa­cile. Mais ça, c’était avant... Au­jourd’hui, Boo­ba a 37 ans, une pe­tite fille de 4 mois et au­cun sex scan­dal à son ac­tif. Le co­losse qui a fait de la pri­son est de­ve­nu un en­tre­pre­neur vi­sion­naire, qui as­pire plus à faire du bu­si­ness qu’à ru­gir dans un mi­cro. En re­trait. OKLM, donc (lire interview p. 82). Au calme, c’est aus­si en sub­stance la ré­ponse la plus don­née par nos rédactrices – moyenne d’âge 30 ans – pour le su­jet sur les meilleures adresses de l’été (dé­cou­vrir p. 96). Signe d’une époque stres­sante où tout va – trop – vite, les des­ti­na­tions bling et bon­dées n’ont plus la cote. La Bre­tagne, l’Écosse, les Pouilles... at­tirent de plus en plus de ci­ta­dins en quête de vert, d’ho­ri­zons dé­ga­gés, de calme. Leurs as­pi­ra­tions ? S’ex­traire des sol­li­ci­ta­tions per­ma­nentes, se re­con­nec­ter à soi-même. Mar­cher pieds nus dans l’herbe, na­ger dans des eaux claires, ré­sis­ter à la ten­ta­tion de re­gar­der ses mails, ses SMS, ou d’al­ler faire un tour sur Fa­ce­book. Pra­ti­quer des cures de rien, fer­mer les yeux et ces­ser l’ac­tion. Dé­jà, on est dans la li­ber­té. Très bel été. OKLM.

*Ün­kut, sur un­kut.fr et en bou­tique.

Anne Bian­chi Di­rec­trice de la ré­dac­tion

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