SLACKTIVISM

NOUVEL OU­TIL DE PRO­TES­TA­TION, LE HA­SH­TAG NOUS REND TOUS UN PEU AC­TI­VISTES. MAIS PAS TROP.

Be - - TOUT DE SUITE - — ANNE- LAURE GRIVEAU

#ti­me­toact, #bringba­ckourgirls, #ivg­mon­corps­mon­droit... Contre le viol, l’en­lè­ve­ment de près de trois cents ly­céennes ni­gé­rianes ou l’in­ter­dic­tion de l’IVG, les ha­sh­tags en­ga­gés se pro­pagent avec une vi­ra­li­té folle et ré­coltent une foule de likes in­di­gnés. Ce­la porte même un nom : le “slacktivism” (mé­lange de slack, “re­lâ­ché”, et d’ac­ti­visme), qui dé­signe cet en­ga­ge­ment un peu pas­sif où ha­sh­tags et pé­ti­tions en ligne consti­tuent l’ac­tion ul­time. Mieux que rien, di­rez-vous ? Oui, si l’on consi­dère que li­ker a le mé­rite de fé­dé­rer, sou­te­nir et at­ti­rer la lu­mière sur un pro­blème ; non, si l’on pense que le spot­light illu­mine sur­tout les pos­teurs tels ces people qui, des marches de Cannes à leur Ins­ta­gram, mul­ti­plient les pan­cartes ha­sh­ta­guées. Pour les cher­cheurs*, le bé­né­fice se­rait du cô­té du “sla­cker”, qui ti­re­rait sa­tis­fac­tion de sa par­ti­ci­pa­tion, mais l’ef­fi­ca­ci­té réelle de ces ac­tions se­rait li­mi­tée. “Dear World, your ha­sh­tag won’t #bringba­ckourgirls”, ti­trait le quo­ti­dien an­glais “The Guar­dian” en mai, sou­li­gnant l’in­uti­li­té po­li­tique de cette ac­tion. Au­jourd’hui, les ly­céennes sont tou­jours por­tées dis­pa­rues, tout comme l’in­té­rêt pour le su­jet. Il suf­fit de ta­per le cé­lèbre ha­sh­tag dans Google Trend pour voir qu’il est proche de #zé­ro.

*K. Kris­tof­fer­son, K. White et J. Pe­lo­za, au­teurs de l’ar­ticle “The Na­ture of Slacktivism”, pa­ru dans le “Jour­nal of Con­su­mer Re­search” (avril 2014).

La top Iri­na Shayk.

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